Dimanche 25 mai 6° dimanche de Pâques

En route vers l’ascension

Jésus, vrai homme, quitte ses amis. Jésus, vrai Dieu, les tourne vers le Père qui, tourné vers les hommes depuis toute éternité, n’est qu’attente et désir de leur présence.

En route vers l’ascension

Jésus s’entretient avec ses amis des évènements qui vont intervenir dans les heures qui suivent. Et du même regard il nous introduit dans le mystère de notre vie baptismale auprès de lui, Jésus ressuscité.
Il est le Fils de Dieu venu en notre chair pour nous révéler le Père et faire de nous des fils. Il a pleinement assumé notre condition charnelle pour nous donner notre vraie place auprès de Dieu. Que tout ce qu’il a connu de notre humanité soit illuminé par l’attente et le désir de Dieu pour nous.
Vrai homme au milieu des hommes, Jésus a connu notre condition mortelle. Et si sa mort est fruit de son témoignage pour Dieu, un témoignage englouti par la violence et la dureté des cœurs, un témoignage victorieux par sa charité, le chemin de cette mort manifeste la réalité sans retour de l’immersion de Jésus dans notre humanité au point que son être appartient à la nature des hommes.
Mais cette réalité manifeste alors la vérité de Jésus, la vérité de son être de Fils.
Toute sa vie est tournée vers le Père. C’est sa nature. C’est la réalité de son existence qu’il veut nous faire partager par adoption et par grâce.
En approchant de l’Ascension, nous nous exposons avec plus d’intensité à ce
mystère. Jésus, vrai homme, quitte ses amis. Jésus, vrai Dieu, les tourne vers le Père qui, tourné vers les hommes depuis toute éternité, n’est qu’attente et désir de leur présence.
Déjà les apôtres l’ont expérimenté. Mais toujours les apôtres ont besoin d’être
fortifiés, confirmés dans la certitude de cette implication du Père dans le « destin » de leur humanité comme il s’est impliqué dans l’engagement et le « destin » de Jésus.
Avec Philippe, l’apôtre, nous avons prié : « Montre-nous le Père, cela nous suffit ! ». Nous avons entendu la réponse de Jésus : « Philippe qui m’a vu a vu le Père.
Comment peux-tu me poser la question ? Tu ne me connais donc pas, depuis que je marche auprès de vous ? » La réponse est merveilleuse pour nous. En Jésus le Père s’est totalement donné dans une plénitude sans retour. Mais voici aussi quelque-chose de redoutable. Si Philippe l’apôtre est si chancelant, lui qui pourtant a été l’un des premiers serviteurs dans la multiplication des pains, qu’en sera-t-il pour nous ?
Jésus promet aux apôtres et à nous-mêmes l’Esprit, l’Esprit de vérité qui sera
toujours avec nous. Déjà il a été à l’œuvre dans la vie des apôtres. Il demeure en eux. De fait, comment les apôtres dans leur cœur de chair, avec leurs yeux de chair auraient-ils pu être touchés par Jésus dans sa chair s’ils n’avaient pu être accordés au mystère de sa personne.
Notre vie de baptisé est tournée vers le Père. Elle est ainsi conformée à celle du Christ Jésus (on pourrait dire : formatée à l’image de Jésus). Cette vie tournée vers le Père déploie sa puissance, son énergie dans l’alliance. « Celui qui m’aime sera aimé de mon Père et moi aussi je l’aimerai »
Cette vitalité de notre vie nouvelle est tout autant action que passion. Elle agit parce que d’abord elle est agie. C’est l’œuvre de l’Esprit. Cette œuvre sculpte la réalité de notre monde. Il ne s’agit pas de virtualité mais de commandement. Il s’agit bien
d’écouter mais le meilleur lieu d’écoute est la proclamation aux nations dans
l’effusion de l’Esprit de Pentecôte.

Philippe RAST

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