Dimanche 25 Janvier 2015

Pêcheurs d’hommes
La Bonne Nouvelle est d’abord celle d’un attachement dans une alliance, attachement de Dieu à l’homme, attachement de l’homme à Dieu.

Pêcheurs d’hommes

Est-il possible de vivre sans savoir où vont nos pas ?
Sans donner un sens à notre vie ?

La vigueur de nos protestations contre ce qui nous parait injuste, notre indignation devant des situations de mépris ou de blocage, proclament haut et fort le sens de l’honneur de vivre qui nous habite. Quand les repères se brouillent et s’entrechoquent comment retrouver le chemin de la dignité et du respect qui sait élargir l’espace où il fait bon être homme ?
Le repli sur une sagesse toute intérieure est-il possible ? La crainte de l’autre n’est-elle pas très proche de la fuite de soi ? Le désir de pureté et de perfection cache très mal un secret orgueil qui refuse l’humilité de notre condition. Mais n’en va-t-il pas de même quand le
sentiment d’indignité engloutit toute autre perception ? Ne plus pouvoir dire oui à la vie, n’est-ce pas déjà se faire complice de la violence et de la mort ?
Ces question émeuvent toutes les générations jusqu’au plus profond du cœur. Sur les bords du Jourdain, auprès du Baptiste, les foules sont nombreuses à vouloir déposer le fardeau dans l’attente d’une joie nouvelle, celle d’accueillir et de donner un sens nouveau à notre vie.

Auprès de Jean-Baptiste l’appel à la conversion rencontre en plein désert un bel écho.
Au temps de l’accomplissement des promesses, aux premières heures de l’Evangile Jésus reprend le même appel : « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile. »

Le premier acte de Jésus quand il proclame l’Evangile est un APPEL.
Jésus appelle des hommes pour qu’ils marchent à sa suite. Il les attache à lui comme ses compagnons de route. Et de cet attachement découle pour eux une tache nouvelle, une fonction, un métier nouveau, celui de pêcheur d’hommes.
Ils vont poursuivre et amplifier le mouvement qui les a saisis. Il s’agit maintenant de prendre des hommes dans des filets pour les attacher à Jésus.

La Bonne Nouvelle est d’abord celle d’un attachement dans une alliance, attachement de Dieu à l’homme, attachement de l’homme à Dieu.

Attachement de Dieu à l’homme :
L’homme reçoit toute sa dignité, il a du prix au cœur de Dieu. L’humilité de sa vie proclame la gloire de Dieu. La fragilité de son existence est témoignage de la fidélité de Dieu qui ne peut renoncer à sa créature. Dieu tient à l’homme plus que l’homme lui-même.

Attachement de l’homme à Dieu :
L’homme entre dans sa vraie liberté. Aucun absolu n’est assez absolu pour ne pas devoir plier devant le sacré du cœur de l’homme. Le cœur de l’homme n’est pas assez petit pour entrer dans un système ou une idéologie.
Le cœur de l’homme ne peut se sentir à l’aise que dans le cœur de Dieu. Le cœur de
l’homme est bien à l’image du cœur de Dieu : dans son mystère il ne peut être défini,
il ne peut être cerné. Dans le mystère d’un amour qui se donne il fonde tout et donne à toute la création son point d’appui.
La liberté de Jésus à l’égard du sabbat et même sa contestation ouverte sont redoutables mais orientent bien vers une certitude expérimentale : la Bonne Nouvelle portée par Jésus ne peut avoir la forme d’un précepte. Elle est témoignage d’un attachement de Dieu qui veut d’abord la vie de l’homme et lui communique par l’engagement de sa présence à quel point l’homme est unique pour Dieu, quel prix il a à ses yeux.

Nous savons tous que le prix de l’homme au cœur de Dieu est bien la chair du Fils de l’homme, Jésus élevé sur la croix. Baptisés, note vie prend son élan dans le désir de Dieu que l’homme vive. Quand il devient notre propre désir, ce désir fait de nous des fils de Dieu.
Philippe RAST

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