Dimanche 24 Mai 2015 Pentecôte

L’Esprit : irruption et inspiration
Dieu écrit sur des cœurs de chair
et il écrit avec son sang.

Dans ce dialogue d’alliance se livre la vérité de la vie, qui est vérité d’amour et de charité, vérité qui vient au jour avec celui qui la reçoit, vérité qui est de toujours à toujours dans la promesse de celui qui la donne, notre Dieu qui nous aime. L’Esprit est la joie vivifiante de ce paradoxe de notre naissance (nous sommes nombreux) dans la fidélité de Dieu (elle est unique).

L’Esprit : irruption et inspiration

L’Esprit comme un violent coup de vent, s’engouffre dans la demeure des apôtres. Le collège qu’ils forment dans la communion s’embrase comme un nouveau buisson ardent. La flamme de l’amour divin brûle sur eux mais ne les consume pas. Dieu encore, Dieu autrement s’approche pour parler aux hommes, non plus dans le
désert à un seul témoin, Moïse, mais au cœur même de la ville sainte où toutes les cultures de la création sont venus en pèlerinage.
Cette tempête vient clore le séisme que fut le passage de Jésus au milieu d’eux.
Dieu ouvrait ses entrailles de miséricorde aux humbles et aux simples qui dans leur fragilité, savaient reconnaître comme un trésor, le don de Dieu, la grâce de la vie.
La tendresse de Dieu n’avait pas de frontière : des centurions romains, des femmes cananéennes ou samaritaines, par la vérité de leur confiance et de leur foi, avaient part à la promesse. Plus paradoxalement encore, les impurs, les pécheurs, les
infirmes et les malades, comme l’aveugle-né, découvraient qu’ils étaient fait pour la gloire de Dieu ou plutôt que la gloire de Dieu était faite pour eux : elle n’avait de cesse de déchirer leurs ténèbres. Jamais l’homme ne pouvait mériter l’amour et la considération de Dieu mais Dieu le créateur était depuis toujours fou d’amour pour sa créature. Les foules qui venaient déposer devant Jésus leurs amis dans la détresse, le savaient bien, non pas avec leur tète mais avec leur cœur et leurs entrailles. Elles offraient à Jésus l’occasion de répandre ses plus belles grâces. Jésus ne comptait pas son temps. Jésus ne comptait pas son attention. Sa présence est le vrai baume qui apaise et guérit. Sa parole est la vraie nourriture. Plus encore, sa personne est le pain de la vie éternelle. Dieu se donne comme le grain de blé qui meurt. La vulnérabilité de l’amour et la folie de la croix, sont victorieuses de toutes nos morts.
En Jésus, Dieu s’est donné en plénitude, sans réserve, totalement à découvert.
Le séisme est là.
La création gémit en travail d’enfantement. Dieu écrit sur des cœurs de chair et il écrit avec son sang. Sa parole est définitive, elle est unique, donnée pour toujours dans le corps de Jésus livré pour nous sur la croix, livré pour tous les hommes.
Et chacun ne peut la recevoir que dans sa propre chair pour répondre de tout son cœur au mystère de cette présence unique de Dieu source de toute vie. L’unique parole se donne unique pour chacun de nous. Dans ce dialogue d’alliance se livre la vérité de la vie, qui est vérité d’amour et de charité, vérité qui vient au jour avec celui qui la reçoit, vérité qui est de toujours à toujours dans la promesse de celui qui la donne, notre Dieu qui nous aime. L’Esprit est la joie vivifiante de ce paradoxe de notre naissance (nous sommes nombreux) dans la fidélité de Dieu (elle est unique).
« Quand il viendra, l’Esprit de vérité, il vous conduira vers la vérité toute entière. Il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaitre. » Nous vivons aujourd’hui à l’heure de l’Esprit. En Jésus nous contemplons la gloire et l’honneur dont Dieu veut nous revêtir. Il nous a créés à l’image de son Fils. Par l’Esprit, touche après touche, nos cœurs sont pétris à sa ressemblance.
Dans cette fête de Pentecôte nous implorons les dons de l’Esprit, dons de sagesse et de force, de douceur et de paix pour inventer aujourd’hui la vie que Dieu veut pour nous, pour discerner ce qui germe d’Evangile dans le cœur des hommes de ce monde. Marchons sous la conduite de l’Esprit. Qu’il nous inspire, qu’il nous hisse à la plénitude de notre vocation baptismale, la gloire que fils et filles de Dieu rendent au Père dans la ressemblance au Christ Jésus.
Philippe RAST

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