Dimanche 23 novembre 2014

Le Christ roi de l’univers

En Jésus la gloire de Dieu se révèle. La vie triomphe de la mort. L’amour est
victorieux du péché. L’ennemi du genre humain est terrassé. En l’homme ainsi
libéré, rien ne vient sournoisement, odieusement, insidieusement, tenir en échec la vie, l’amour de Dieu.
Cette plénitude du Royaume, cette immédiateté de Dieu, sont au cœur du procès de Jésus. Le Royaume s’inaugure à l’ombre de la croix, dans la passion de Jésus qui a pris la tenue du serviteur

Nous regardons la promesse qui vient vers nous et nous prions pour orienter nos vies, tourner nos cœurs et nos esprits à sa rencontre.
La proclamation du Royaume commence sur les bords du Jourdain avec la voix de Jean-Baptiste qui s’élève au désert : « Le Royaume de Dieu est tout proche,
convertissez-vous, croyez à la Bonne Nouvelle. » Une belle foule se met en route, prête à inventer une vie nouvelle, avec la question : « Que devons-nous faire ? » Nombre de publicains et même des soldats romains se savent concernés. L’initiative que Dieu prend, est pour eux.
Jésus accomplit l’annonce de Jean-Baptiste. Auprès de lui, les ténèbres se déchirent, les liens qui paralysent les esprits et les corps sont brisés, la miséricorde de Dieu ouvre un chemin nouveau à la communion. Dans le regard de Jésus, la tendresse du regard de Dieu qui se révèle Père. Dans ses mains la paix qui réconcilie, la fidélité qui donne son appui, l’espérance qui ouvre l’avenir. Dieu est là.
Les aveugles voient, les boiteux marchent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux
pauvres. Les béatitudes confirment le paradoxe. Le Royaume de Dieu s’ouvre
largement aux doux, aux humbles, aux cœurs purs, aux artisans de paix.
Autour de Jésus l’homme peut se tenir de plein pied auprès de Dieu. Son Royaume est là dans l’humanité de Jésus et l’homme peut se trouver vraiment en Dieu pour peu qu’il lâche prise et tourne ses pas vers la source de toute vie et de toute justice : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et tout vous sera donné par surcroit. »
A la suite de Jésus l’homme peut ordonner sa vie vers ce qui est juste et vrai, rendre gloire au Père.
En Jésus la gloire de Dieu se révèle. La vie triomphe de la mort. L’amour est
victorieux du péché. L’ennemi du genre humain est terrassé. En l’homme ainsi
libéré, rien ne vient sournoisement, odieusement, insidieusement, tenir en échec la vie, l’amour de Dieu.
Cette plénitude du Royaume, cette immédiateté de Dieu, sont au cœur du procès de Jésus. Le Royaume s’inaugure à l’ombre de la croix, dans la passion de Jésus qui a pris la tenue du serviteur. Le Royaume germe dans le service, dans le don sans
retour, dans la préférence absolue pour la volonté du Père. Il donne toute sa
puissance dans l’affirmation, au plus profond de la blessure de la mort, que la
volonté du Père est d’abord puissance de vie dans la communion qui authentifie
cette confession de foi. Le chemin du Royaume passe par le chemin du serviteur.

Là, dans cette tenue de service, Jésus s’est identifié à nous pour que nous puissions nous identifier à lui. Son humanité est blessée dans notre humanité blessée.
Mais elle est secourue par ceux qui retrouvent ses gestes. Il nous identifie à lui, pour qu’avec lui nous soyons le bon samaritain. Mais en même temps il s’est tellement identifié à nous qu’il souffre dans la chair du plus défiguré des blessés de la vie. Ainsi, à travers toute l’étendue de la création, dans cette compassion de Jésus pour nous, dans cette passion de Jésus avec nous, du cœur de Dieu, entre nos mains,
jaillit la vie pour toute créature. Le Royaume de Dieu est là.

Philippe RAST

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