Dimanche 23 février 2014 7° dimanche ordinaire

« Soyez saints car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. » « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux. »

Sur la montagne, dans l’élan radical de l’Évangile, la parole de Jésus nous emporte toujours plus haut. Et nous recevons le commandement évangélique abrupt, absolu, unique et proprement évangélique :
« Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux. »
Le commandement évangélique « accomplit » le commandement de la remière
alliance, dans le lévitique : « Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : « Soyez saints car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. »

Le commandement de l’Évangile, avec tout le radicalisme et l’absolu de son
impératif, est bonne nouvelle. Il ne nous saisit pas simplement de l’extérieur pour nous donner des limites, des orientations, créer de l’espace et de la distance avec notre semblable, nous donner d’entrer en relation et vivre ainsi une vie humaine pleine et authentique. Le commandement évangélique est pour nous révélation de notre nature véritable de fils de Dieu, puisque Dieu, dans la parole de Jésus se révèle comme notre Père. En Jésus donc, nous contemplons la structure de notre être : nous sommes les temples de Dieu. L’Esprit Saint habite en nous.
Notre nature se déploie dans la communion. Nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes mais à Celui qui se donne à nous. Notre vie s’accomplit dans l’accueil, dans le don de l’amour du créateur. Notre existence est d’abord ouverture, alliance et vocation. Elle se dénaturerait si elle se refermait sur des déterminismes qui la sécuriseraient sur son identité en excluant des présences trop irréductibles. (Combien de cultures se sont-elles stérilisées dans la recherche et la défense de leur honneur). Notre nature ne peut trouver sa vraie dimension dans cette ouverture vocationnelle que par le respect et l’attention qui lui sont portés, dans le respect et l’attention qu’elle porte. Là nous mesurons le mystère de gratuité qui précède toute vie, toute parole, toute espérance, mystère de gratuité où nous reconnaissons l’attention et l’amitié divine, le souffle du cœur de Dieu.
L’audace du propos évangélique est bien que ce mystère soit notre mystère. Notre vocation est bien de nous approprier ce mystère, ce qui parait bien une folie pour la sagesse des hommes.
Le commandement du lévitique introduisait une clause de prudence :
« Tu n’hésiteras pas à réprimander ton frère… » Cela pour que la vie relationnelle s’enracine toujours dans la réalité. Et l’Évangile plonge au cœur de la réalité : nous avons des ennemis ; et avec eux aussi nous avons à trouver le chemin de notre vocation, quand ils sont encore nos ennemis et que nous ne pouvons nier ou éliminer leur présence.
« Aimer nos ennemis. » la sentence elle-même ne peut tenir d’un simple point de vue logique. La réalité ne nous permet pas de modifier le sens du second terme : « ennemi ». L’Évangile et son commandement nous appellent à entrer dans le mystère du premier : « Aimer »
L’horizon est bien celui de Dieu, celui de la création, celui de la nouvelle création, celui de la résurrection. Philippe RAST

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