Dimanche 23 Mars 2014 3° dimanche de Carême

La générosité débordante de Dieu. C’est dans le miracle de l’eau que Dieu annonce en faveur de son peuple d’autres actions de sa générosité.

La générosité débordante de Dieu.
3ème dimanche de Carême. Nous poursuivons sans relâche la montée vers Pâque. Cette marche nous découvre les pas de Dieu et sa victoire sur le mal. Dieu est certes le libérateur de son peuple en Égypte, mais le peuple ne tardera pas à le remercier par l’ingratitude. La moindre insécurité,
manque de nourriture, boisson, insécurité environnementale, déstabilise la confiance en Dieu.
Le peuple crie et appelle Dieu au secours mais aussi il le boude, murmure. Moïse est pris à parti à chaque fois que les choses vont mal alors qu’il ne se lasse pas d’intercéder pour le peuple à la nuque raide. Au cœur de son épreuve, Moïse découvre d’une part que Dieu patiente et déborde de générosité et d’autre part qu’Il invite à aller puiser à la source de cette patience. C’est dans le miracle de l’eau que Dieu annonce en faveur de son peuple d’autres actions de sa générosité.
Il nous arrive aussi de râler, récriminer contre Dieu, de l’invectiver parfois et de douter de sa présence ou de sa bienveillance à notre égard. A nos mondes désertiques, sans espoirs et belliqueux, arides et terrifiants, il n’y a qu’une seule réponse : la confiance en ce Dieu qui n’abandonne jamais son peuple. Paul contemple et partage cette action de Dieu en Jésus « Accepter de mourir pour un juste c’est déjà difficile, peut être donnerait-on sa vie pour un homme de bien ? Or la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions pécheurs », rebelles. Face à Dieu, ceux qui estiment n’avoir rien á se reprocher, se persuadent volontiers de ne rien devoir à Dieu. Les pécheurs, au contraire, conscients de leur passé, se font peut être moins illusion à ce sujet. Le dialogue de Jésus avec la samaritaine est un paradigme du dialogue de tout homme avec Dieu. Jean dit que Jésus est fatigué par la distance. C’est autour de l’eau qu’il amorce la conversation avec la samaritaine. Alors que la femme venait chercher de l’eau au puits de Jacob, Jésus assis au bord de ce puits en fait la demande à la femme. Dans le village, le puits est l’agora publique. On n’y va pas seulement chercher de l’eau, mais aussi rencontrer les autres. C’est un lieu d’expression libre et de partage. Ce puits est celui de Jacob, beaucoup de générations y ont bu. Cette femme anonyme qui vient y puiser et que Jésus rencontre est connue dans le village mais n’a pas de nom. Etrangère, elle n’as pas de mari, les autres la tiennent à l’écart. Elle vit et va seule son chemin qui a croisé des personnes mais aucune ne lui est restée attachée. Tout passe, rien que des passages à l’image de ses va et vient à la recherche d’eau. Rien de stable. Même les grands lieux où Dieu est sensé être adoré sont sujets versatiles. Jésus se met au rang le plus bas pour faire de cette dame, une missionnaire de la Bonne Nouvelle. La femme dévie la conversation et conduit Jésus sur des subtilités religieuses. Cette rencontre de Jésus avec la Samaritaine rappelle nos rencontres. Comme cette femme, il nous arrive d’esquiver le regard de Dieu lorsque celui-ci nous ouvre à notre propre vérité. Il nous est facile d’opposer à Dieu des échappatoires, voire religieux. Peut être, nous ne sommes pas disposés à ce que Dieu regarde dans notre vie, il nous est facile de le dévier, le conduire vers d’autres sujets d’ordres généraux alors que c’est notre vie qui intéresse Dieu. C’est la vie du peuple en péril que Dieu sauve au désert, c’est dans la faiblesse de sa vie que la samaritaine accueille Jésus mendiant d’eau. Comment ne pas entendre Jésus nous dire : « Donne-moi à boire », Lui par qui tout a été fait sur la terre et dans le ciel ? Oui c’est dans la vie mouvante de cette femme que Jésus pose le diagnostic et l’ invite à recevoir la mission. C’est là où nous sommes faibles que la Parole de ce dimanche nous invite à recevoir Dieu qui nous envoie en mission et à sortir de la léthargie la grâce baptismale déposée de notre vie
Père Yves

Haut de page