Dimanche 22 septembre

Le définitif se construit dans le provisoire et avec le provisoire.

Le définitif se construit par la confiance dans le cœur des hommes.

Cette parabole surprend toujours : le maitre fait l’éloge du gérant trompeur. Comment une telle chose peut-elle être possible ?
La dialectique est toute simple. Elle oppose confiance et tromperie et tout en même temps définitif et transitoire. L’Evangile nous parle donc bien de notre situation dans le monde. Nous sommes confrontés u flux et au reflux des évènements. Le relatif occupe parfois tout notre champ de conscience au point que notre regard perd de vue ce qui fondamentalement tisse notre existence.
Le gérant de la parabole connait une situation extrêmement précaire. Il a construit sa ruine en trompant son maitre. Son univers s’écroule donc puisqu’il a perdu ses appuis. Il en cherche immédiatement de nouveaux en tissant de nouvelles relations. Paradoxalement, lui qui a trompé, sait pourtant que seules les alliances peuvent traverser les crises et tous les revers de situation.
Et il sait aussi que ces alliances peuvent se construire in extremis dans des circonstances très provisoires avec des moyens qui vont bientôt disparaitre. Le définitif se construit dans le provisoire et avec le provisoire. Le définitif se construit par la confiance dans le cœur des hommes. Allons plus loin.
La confiance est une. C’est pourquoi elle traverse la crise et jette des ponts au-dessus des abîmes. La confiance est une, elle enracine dans le définitif et le véritable. Déjà dans le provisoire, l’incertain, l’éventuellement trompeur elle agit sans crainte mais librement. En elle et par elle ce qui est vrai peut porter du fruit et un fruit qui demeure.
Au fil des interrogations de Jésus et de nos propres interrogations, nous découvrons que le provisoire, ce qui peut tromper, nous est étranger ; ce n’est pas notre bien véritable. Notre bien véritable, seule la confiance que nous pouvons offrir et témoigner aux autres, nous le donne gratuitement en partage.
La confiance est une. Aussi ne peut-elle se partager, se fractionner ou se diffracter au prisme du relatif. Dans sa fragilité, la confiance ne peut s’accorder qu’à l’absolu, l’absolu de Dieu qui alors, gratuitement, se donne en partage.
S’ouvre ainsi le chemin de la vie : choisir d’abord Dieu pour le servir dans le provisoire du présent. Là, dans la foi, affleure l’éternité, vérité de présence et de confiance, vérité de foi et de charité.

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