Dimanche 22 Décembe : 4° dimanche de l’Avent

Paul dans sa lettre aux Romains (1,1-17) rappelle l’objet de sa mission : amener à
l’obéissance de la foi toutes les nations païennes. Paul résume le contenu de la Bonne Nouvelle : c’est essentiellement Jésus-Christ en personne, descendant de David, révélé Fils de Dieu.

Noël s’approche pour le peuple de Dieu en marche ! La liturgie de ce dimanche nous
propose des figures qui nous accompagneront tout au long de cette marche. Du livre Isaïe (7,10-16), le Roi Acaz (vers 733), face à une menace d’annexion qui plane sur son royaume, sollicite secrètement le renfort assyrien. Acaz s’engage ainsi, diplomatiquement, sans Dieu, à juguler le conflit. Il veut faire sa route sans Dieu et à son insu, alors que l’homme n’a rien à cacher à Dieu (cf Ps7). Malheureusement, l’ennemi semble plus fort que jamais. Pendant que la réponse de l’allié se fait attendre, Isaïe arrive avec une promesse de Dieu, applicable dans un futur très proche : bientôt la jeune femme aura un fils et on l’appellera « Emmanuel » : Dieu avec nous. Cet enfant, comme son nom l’indique, sera la présence permanente de Dieu avec son peuple. Acaz jouera à la comédie du sort ! Le Roi n’est pas enthousiasmé par cette annonce, et déclare n’avoir pas à mettre son Seigneur à l’épreuve. Une fausse religiosité et une grande comédie du roi, d’où la colère du prophète. La duplicité d’Acaz n’empêchera pas Dieu d’aller jusqu’au bout de sa promesse. Et nous, comment laissons-nous le Seigneur nous préparer à sa venue ?
Paul dans sa lettre aux Romains (1,1-17) rappelle l’objet de sa mission : amener à
l’obéissance de la foi toutes les nations païennes. Paul résume le contenu de la Bonne
Nouvelle : c’est essentiellement Jésus-Christ en personne, descendant de David, révélé Fils de Dieu. Que connaissons-nous aujourd’hui de Jésus ? Et que nous apporte cette
connaissance dans nos familles, notre société, notre Eglise ? Il ne suffit certainement pas de croire en Jésus, il faut aussi le connaître. Et comment croire en quelqu’un qu’on connait aussi peu, et aussi mal ?
Joseph nous donne le modèle de cette connaissance (Mth 1,18-24). C’est à juste titre que le Pape François nous a proposé, en incise, le nom de Joseph dans la prière eucharistique.
Joseph attend aussi le salut d’Israël. Il ne veut aucunement humilier sa fiancée Marie et
décide de la répudier secrètement. C’est quand nous sommes presque au bout de la marche que Dieu nous demande d’autres pas à faire. Joseph, un homme docile à l’Esprit sera
désormais confirmé dans son rôle de Père à l’égard de Jésus. Il donnera le nom à l’enfant qui naîtra de Marie. C’est aussi Joseph qui assurera à Jésus ses premiers métiers sociaux. Par
l’amour de Marie et de son Fils Jésus, toute la vie de Joseph a été tournée et mise au service du verbe divin. Joseph est le véritable anéantissement (kénôse), antithèse de tout
triomphalisme religieux, renoncement qui est la seule voie vers la glorification, comme toute confiance en soi doit céder la place à une abnégation authentique. Dieu a besoin de cette famille humaine pour donner vie et corps à son Fils, qui de nature divine qu’Il est, s’est abaissé jusqu’à l’homme. Dieu continue à avoir besoin de nos vies et nos familles pour continuer à être « Emmanuel » de notre société. Faire connaître Jésus, c’est l’enjeu de
l’évangélisation dans notre siècle sécularisé où le grand risque consiste à faire de Jésus une opinion, une croyance sage, intelligente mais abstraite, bref noyer la personne de Jésus dans une impersonnalisation . Après la traversée de la porte de la foi : puerta fidei, notre
archevêque nous invite à découvrir la place de Marie dans notre vie, comme co-médiatrice de la grâce. Comment Jésus aurait-il accompli sa mission salvatrice sans ce noyau de famille composé de Joseph et Marie ? Et comment le Royaume de Dieu annoncé en la personne de Jésus pourra-t-il devenir Bonne Nouvelle sans que nos vies en soient vraiment et réellement touchées ? Dieu qui nous a créés sans nous, ne nous sauvera pas sans nous. Que la
préparation des fêtes de la naissance de Jésus nous permette de donner généreusement
l’argile de notre vie à Dieu, afin qu’il en fasse le vase précieux d’où le sang de son Fils sera pris en breuvage dans notre société.
Abbé Yves Allangomi

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