Dimanche 21 Février 2016 : 2° dimanche de Carême

TRANSFIGURATION

On peut deviner ces pépites de lumière et d’amour qui ont déchiré la nuit pour porter en nous des fruits de vie éternelle. Pensons par exemple à la multiplication des pains ou à la rencontre avec la samaritaine.
L’Évangile de la transfiguration redouble et même transfigure note attention : cette braise incandescente couve dans les heures les plus quotidiennes, les plus cachées de note vie quand elle ressemble à une marche dans l’aridité du désert. Notre humble service peut avoir une sainte audace : embraser notre monde du feu de la charité.
La puissance de résurrection de Jésus ne peut être gardée en réserve pour plus tard.

TRANSFIGURATION

Nous sommes entrés en Carême à la suite de Jésus poussé au désert par l’Esprit immédiatement après son baptême.
Ce temps de désert nous replonge dans notre vocation baptismale et nous avançons avec Jésus vers les évènements de notre salut, sa passion, sa mort et sa résurrection. Notre vie baptismale est une marche à la suite de Jésus, une marche à l’écoute de la Parole de Dieu.
Au baptême la voix du ciel se fait entendre : « Tu es mon Fils bien-aimé. En toi j’ai mis tout mon amour. En toi j’ai toute ma joie. » La même parole est prononcée pour chacun de nous au plus profond de notre cœur. Elle est gravée par l’Esprit Saint. Elle nous dit qui est Dieu pour nous et qui nous sommes pour Lui. Tout au long des jours notre vie baptismale est déploiement de ce mystère : la Parole est à l’œuvre en nos vies.
La Parole est vraie nourriture, plus vivifiante que celle des pains. Elle emplit le cœur du disciple de la tendresse, de la sagesse, de la confiance et de la foi que Dieu met en lui quand il l’appelle à son service pour sa gloire et pour la vie des hommes.
La Parole oriente la vie, le cœur et l’Esprit du disciple pour qu’il reçoive à pleine
gorgée la grâce de Dieu. Elle lui fait connaître que Dieu seul est source de vie, que Dieu seul peut être adoré, que c’est vers Dieu seul que notre bouche peut se tourner pour inspirer de tous les poumons de l’âme le souffle de la vie (au sens strict, c’est ce que veut dire le mot « adorer »)
La Parole est la sécurité, le rempart, le bouclier, l’armure, le casque du disciple, casque de la foi dirait St Paul, bouclier de l’espérance, armure de la charité. Dans la paix de la parole le disciple repose sur le cœur de Dieu. Pas plus qu’il ne peut être séduit par les idoles, celles du pouvoir et de la puissance en particulier, il ne peut mettre Dieu à l’épreuve, mettre Dieu au défi d’agir là où lui le disciple veut. Non il ne peut. Dieu a toute la place. Et lui, le disciple, avec Jésus le Fils Bien-aimé, a sa place au cœur de Dieu.
La place que Dieu fait au disciple dans son cœur est faite pour accueillir toute son
existence, pas simplement la mémoire, l’idée ou le concept de son être mais toute la
densité bien concrète de son humanité, avec sa chair, son histoire, ses cicatrices et ses élans d’amour qui ont tissé la vie.

Si Jésus a pris notre chair c’est bien pour que Dieu se tienne au milieu de nous et nous introduise à la réalité que notre humanité est faite pour être auprès de lui.
Le désert nous introduit dans la vérité de notre humanité crée pour être habitée par la Parole de Dieu et sa puissance créatrice.
Toute l’humanité de Jésus a rayonné de cette puissance créatrice de l’amour et de la charité de Dieu. Il est passé en faisant le bien. Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés. Aux captifs est proclamée la libération. Jésus s’émerveille de la foi, celle du centurion, celle de la cananéenne, celle du publicain Zachée.
On peut deviner ces pépites de lumière et d’amour qui ont déchiré la nuit pour porter en nous des fruits de vie éternelle. Pensons par exemple à la multiplication des pains ou à la rencontre avec la samaritaine.
L’Évangile de la transfiguration redouble et même transfigure note attention : cette braise incandescente couve dans les heures les plus quotidiennes, les plus cachées de note vie quand elle ressemble à une marche dans l’aridité du désert. Notre humble service peut avoir une sainte audace : embraser notre monde du feu de la charité.
La puissance de résurrection de Jésus ne peut être gardée en réserve pour plus tard. La transfiguration de Jésus nous introduit à cette réalité que Paul exprime avec ces mots : « Nous avons notre citoyenneté dans les cieux d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus-Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux avec la puissance qui le rend capable de tout mettre sous son pouvoir. »
Philippe RAST

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