Dimanche 20 octobre 2013

Le Fils de l’homme, quand il viendra,
trouvera-t-il la foi sur terre ?

Manquer le rendez-vous. Voici le risque pour chacune de nos vies.
Voici le risque aussi pour nos sociétés. Où vont nos pas ?
La parabole de Jésus tourne notre regard vers le terme de l’histoire. Il sera
marqué par la venue du Fils de l’homme. Notre monde n’est pas clos sur
lui-même, son horizon est celui d’une rencontre. Et dans cette rencontre
éclatera en pleine lumière ce qui déjà donne force, paix et beauté à nos
existences, la communion voulue par Dieu, annoncée dans la première alliance et scellée dans le sang du Christ versé pour nous sur la croix.

Cette communion, en ouvrant nos cœurs au créateur de toute vie, en réglant nos pas sur les pas du Christ, nous libère pour accueillir en vérité la présence des frères que Dieu nous donne.
Cette communion ouvre les chemins de l’unité pour bâtir un monde
authentiquement humain, hospitalier à tous, simplement parce qu’hospitalier à Dieu.
Cette communion travaille notre monde toujours en genèse.
Cette communion requiert bien notre présence, elle ne peut se faire sans nous : c’est bien là l’interrogation de Jésus.

Car, de son côté, Dieu est toujours au rendez-vous. Jamais il ne peut faire
attendre. Déjà un homme sans scrupule et sans justice, peut plier devant
l’insistance d’une requête. Dieu pourrait-il être plus sourd et plus inflexible, lui qui, au contraire attend notre demande pour justement, mettre en route, initier et fortifier le processus de communion vital pour la création dans laquelle lui, Dieu, s’est impliqué.
Dieu ne peut faire attendre. Mais a-t-il autour de lui des vivants qui risqueraient d’attendre ? N’a-t-il pas au contraire trop d’ombres absentes d’elles-mêmes,
englouties dans le monde clos de leurs soucis et de leurs préoccupations, déjà momifiées dans leurs doutes et leurs désillusions.

Le juste est homme d’espérance : Dieu ne peut le décevoir.
Il est homme du provisoire : le don de Dieu est promesse.
Il ne peut s’installer : Dieu vient à sa rencontre.
Le juste prie. Sa parole ouvre une brèche dans ce monde qui n’est pas fini.
De sa prière, Dieu a soif. Elle va dilater son cœur.
Il va se répandre en grâces de vie.
Le juste ne peut dormir. Il est porteur de la parole qui éveille.
A temps et à contre-temps .

Philippe RAST

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