Dimanche 1° Novembre 2015 : TOUSSAINT

TOUSSAINT

« Heureux les miséricordieux,
ils obtiendront miséricorde ! »

Dieu entre dans notre histoire par sa fidélité à nous attendre. Dieu est miséricorde. Il nous bénit : « Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde ! »
Dieu patiente et fait miséricorde. Il entre ainsi dans notre histoire et notre temps pour que nous entrions à notre tour dans son temps de Dieu, temps de patience, de passion et de création, temps de Dieu que l’Église appelle « la vie éternelle » et dont chacun sait qu’il ne se mesure pas en siècle mais en intensité de présence et d’amour.
« Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu ! »

Nous célébrons la fête de tous les saints. La sainteté est pourtant la qualité propre de Dieu, qui le distingue et le met à part de toute la création, justement parce qu’il en est la source. En Lui, Dieu, tout est puissance de vie, de création. Rien ne peut être repli, retrait ou enfermement. Aucune compromission avec les ténèbres. Tout est lumière et amour. Cet amour nous l’expérimentons dans notre vie puisque gratuitement, c’est Lui qui nous a voulus et nous a posés dans l’existence.
Dans cette fête de la Toussaint nous célébrons l’espérance et l’ambition de Dieu. Cette sainteté qui lui est propre, il veut nous la communiquer. Il l’a déjà partagée avec ceux que nous reconnaissons et fêtons aujourd’hui comme saints.
Dieu répand sur nous ses bénédictions en nous ouvrant le chemin des béatitudes. Sans attendre il nous veut à son image. Il veut que nous soyons appelés fils de Dieu parce que déjà dans son cœur nous le sommes. Le mystère n’est pas encore pleinement manifesté. Nous sommes plongés au cœur du temps, au cœur d’une histoire en devenir, parfois en crise, en tout cas tendue vers un accomplissement qui a les dimensions du cœur de Dieu, son Royaume.
Dans l’Apocalypse Jean contemple plusieurs moments. Plusieurs chœurs
immenses acclament le Seigneur, tout d’abord un rassemblement venu des douze tribus du peuple de Dieu, puis ensuite une foule immense de toutes nations, tribus, peuples et langues, hommes et femmes non plus simplement marqués du sceau de leur appartenance au Seigneur mais plongés dans la vie du Fils jusque dans sa passion et resplendissant de sa gloire pour avoir, dans la grande épreuve, lavé leur vêtement dans le sang de l’Agneau.
Le projet de Dieu est plongé dans le temps. Il murit. Dans cette maturation Dieu lui-même s’est impliqué jusque dans la passion de son Fils Jésus, sa mort et sa résurrection. Il y a impliqué ceux que nous fêtons aujourd’hui, les saints.
Il nous implique chacun à notre tour en nous donnant aujourd’hui les béatitudes.
Dieu crée. Il fait de la place en lui-même et autour de lui pour que surgisse
l’altérité d’une présence authentique. Dieu se dépouille et se fait pauvre.
Dieu crée gratuitement et par amour. Il suscite, il attend, il espère la liberté.
Il en prend le risque. Il prend au sérieux cette liberté. Elle peut construire sa
volonté propre et pour tester son altérité pourra se poser dans le refus avant d’entrer dans la communion, à moins qu’elle ne sombre dans une rivalité et une jalousie fatale.
Dieu est amour et attend d’être aimé d’amour. Doux et humble, Il s’est défait de lui-même pour nous aimer. Il croit, il espère, il sait que notre amour entrera dans sa vérité, sa joie et sa force en se défaisant de soi jusqu’à l’oubli total comme le Christ pour se trouver en Lui, notre Dieu. Pour nous combler de la grâce de la vie, Dieu nous honore au point de remettre entre nos mains, en notre liberté, le don que nous pouvons lui faire de nous-mêmes.

Dieu entre dans notre histoire par sa fidélité à nous attendre. Dieu est miséricorde. Il nous bénit : « Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde ! »
Dieu patiente et fait miséricorde. Il entre ainsi dans notre histoire et notre temps pour que nous entrions à notre tour dans son temps de Dieu, temps de patience, de passion et de création, temps de Dieu que l’Église appelle « la vie éternelle » et dont chacun sait qu’il ne se mesure pas en siècle mais en intensité de présence et d’amour.
« Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu ! » Philippe RAST

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