Dimanche 1° Juin 7° dimanche de ¨Pâques

Au cœur du monde, au cœur de Dieu

Il faut du temps pour que les apôtres rentrent en eux-mêmes, qu’ils s’assoient, qu’ils fassent mémoire de tout ce qu’ils ont connu auprès de Jésus,
Mais surtout et d’abord qu’ils fassent mémoire de tout ce que Jésus leur a montré de la gloire du Père et qu’ils n’ont pu porter sur le moment tant cela demandait pour être perçu, la lumière de la pleine gloire de Jésus sur la croix.
Il fallait tout ce temps pour que le Père embrasse son Eglise dans ce grand embrassement de l’Esprit Saint au jour de Pentecôte

Dans la fête de l’ascension nous avons célébré un mystère en gestation, le mystère de la vie de l’Eglise.
Pour le moment la communauté de la primitive Eglise s’est retirée dans la chambre haute comme dans le cocon où le petit vermisseau s’enferme en tissant autour de lui un fil de soie pour ensuite devenir papillon libre.
Cette image a été choisie par Thérèse d’Avila pour parler de l’âme qui se retire du monde dans le désir de vivre en son Seigneur, pour son Seigneur et de son Seigneur. Cet amour va peu à peu la transformer. Si elle n’avait perdu dans son cocon ses
premières attaches comment pourrait-elle s’élancer vers son Seigneur plus libre que le papillon ?
La primitive Eglise se retire à l’étage de la maison. Fidèlement les apôtres participent à la prière dans l’attente de ce que le Seigneur va accomplir en eux, pour pouvoir se donner au monde et que leur témoignage s’élance plus vif et plus libre encore que le papillon, plus chatoyant que la gloire de sa parure de lumière.
Ce long moment de retraite et de prière poursuit la prière de Jésus qui clôt son
dernier repas. Que murisse dans le cœur des disciples et dans la communion qui les unit ce que Jésus, par sa présence au milieu d’eux a fait germer. Que se fortifie les liens d’alliance et d’amour que Jésus a noués et qui tissent leur vie à celle de Dieu.
Le cœur de Jésus, la clarté de son regard, la liberté de sa parole, la disponibilité de son accueil ont ouvert les entrailles de miséricorde d’un Dieu qu’on ne pouvait plus désormais plus connaître que comme Père.
Connaitre la gloire de Dieu, c’est connaître son nom et ce nom se connaît au-delà de tout concept par la vie d’un cœur qui renait dans le pardon. Le nom du Père se révèle et est glorifié quand le prodigue reçoit sa vraie dignité de fils au-delà du naufrage de sa liberté, par le seul élan du Père qui depuis toujours le guettait,
l’attendait. Il avait fallu que le Père s’assoie longtemps sur le bord du jardin, pour que le fils rentre en lui-même, s’assoie aussi pour se relever à la rencontre du Père.
Ce n’est pas loin de ce qui se joue au cénacle.
Il faut du temps pour que les apôtres rentrent en eux-mêmes, qu’ils s’assoient, qu’ils fassent mémoire de tout ce qu’ils ont connu auprès de Jésus, de tout ce qu’ils ont manqué, de leurs larmes, de leur trahison. Mais surtout et d’abord qu’ils fassent
mémoire de tout ce que Jésus leur a montré de la gloire du Père et qu’ils n’ont pu porter sur le moment tant cela demandait pour être perçu, la lumière de la pleine gloire de Jésus sur la croix. Il fallait tout ce temps pour que le Père embrasse son Eglise dans ce grand embrassement de l’Esprit Saint au jour de Pentecôte.
Le battement du cœur de notre vie d’Eglise nous est ainsi donné.
Dans la prière, la contemplation du Christ Jésus Fils de Dieu nous fait connaître le Père et ainsi naître à notre propre vie de fils.
Dans le monde, nous pouvons alors nous tourner vers le Père et prendre le chemin du Fils .
Selon le mot de Pierre, au cœur de ce monde heureux sommes-nous dans les contradictions mêmes puisque l’Esprit de gloire repose sur nous.
Philippe RAST

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