Dimanche 19 juin 2016 : 12° dimanche C

Une source jaillit

L’existence de Jésus est toute ordonnée à la gloire du Père. Elle révèle, elle ouvre le chemin de notre véritable vocation humaine : proclamer la gloire du Père, rayonner de cette gloire dans laquelle le Père donne toute la mesure de son amour et où nous-mêmes recevons la vraie mesure de notre vie : aimer sans mesure, seule mesure de tout amour et de toute vie.
Jésus vérifie donc l’orientation du regard des apôtres et nous appelle à la même vérification. La mesure véritable de l’amour est bien la démesure de l’amour de Dieu, la folie de la croix. Cette croix est source de vie. L’Écriture, dans le prophète Zacharie, guettait la promesse : « ce jour-là il y aura une source qui jaillira pour la maison de Dieu »

Une source jaillit

Jésus mène une petite enquête : « Au dire des foules, qui suis-je ? »
« Pour vous, qui suis-je ? »
Une chose est certaine : Jésus ne s’interroge pas sur lui-même comme aujourd’hui nous-mêmes et nos contemporains pouvons être saisis par un doute existentiel. Jésus est enraciné dans le cœur du Père : en eux, Père et Fils, surgit la puissance de la vie trinitaire dans l’Esprit Saint. Mais Jésus appelle ses amis à se positionner.
Les foules en disant qu’il est Jean-Baptiste, Elie ou l’un des prophètes, expriment bien qu’autour de Jésus, notre humanité est appelée à prendre un tournant
décisif. Les derniers temps sont là, c’est le moment du jugement où Dieu ouvre les portes du Royaume à ceux qui ont ouvert leur cœur à son initiative.
Les apôtres en unissant leurs cœurs pour répondre par la voix de Pierre :
« Tu es le Christ, le Messie de Dieu » proclament la source du salut qu’ils voient jaillir de la vie et du cœur de Jésus. Leurs regards ne s’arrêtent pas à Jésus. Jésus tourne leurs yeux vers le Père, source de toute vie.
C’est bien cette attitude que Jésus veut vérifier puis confirmer chez ses apôtres : qu’en lui, Jésus, avec lui, par lui, ils entrent dans l’alliance nouvelle et éternelle avec Dieu. Son existence à lui Jésus est cette alliance. Son sang versé sera sang de cette nouvelle alliance.
L’existence de Jésus est toute ordonnée à la gloire du Père. Elle révèle, elle ouvre le chemin de notre véritable vocation humaine : proclamer la gloire du Père, rayonner de cette gloire dans laquelle le Père donne toute la mesure de son amour et où nous-mêmes recevons la vraie mesure de notre vie : aimer sans mesure, seule mesure de tout amour et de toute vie.
Jésus vérifie donc l’orientation du regard des apôtres et nous appelle à la même vérification. La mesure véritable de l’amour est bien la démesure de l’amour de Dieu, la folie de la croix.
Jésus annonce donc sa Pâque, sa Passion, sa mort et sa Résurrection.
Nous avons contemplé. Jésus est déchiré par notre mort, il pleure avec la veuve de Naïm et lui rend son fils. Jésus est saisi par la détresse de la pécheresse qui
attend pour vivre un amour qui l’arrache à son désespoir : le pardon de Jésus la rend à elle-même et à Dieu.
Pierre aura bien du mal à comprendre que Jésus doive prendre le chemin du
serviteur. Mais dans le jardin du grand prêtre, après avoir renié Jésus, il pleurera comme la pécheresse, quand le regard de Jésus croisera le sien. Oui, pour
l’arracher lui, Pierre, à la mort et au péché, Jésus prend le chemin de la croix.
Quand Jésus lui a lavé les pieds, là aussi Pierre se récriait et Jésus a bien insisté : c’était le point de passage obligé pour entrer dans le Royaume et avoir part avec Jésus. Cette porte, ce passage étroit, nous avons à nous l’ouvrir les uns aux autres.
Pierre pourra entendre autrement la Parole de Jésus à qui veut marcher à sa suite sur le chemin de vie : « qu’il prenne sa croix chaque jour. » Cette croix est source de vie. L’Écriture, dans le prophète Zacharie, guettait la promesse : « ce jour-là il y aura une source qui jaillira pour la maison de Dieu »
La source jaillit du cœur de Jésus. La source emporte le cœur de l’apôtre. Qu’elle jaillisse abondamment de toute sa vie placée sous le signe de la croix.
Philippe RAST

Haut de page