Dimanche 19 Octobre 2014

La liberté :
sous quel règne ?

Ce qui est un don de Dieu et ce qui porte son empreinte c’est notre cœur et notre âme. Donner notre cœur à Dieu voici le chemin de la liberté et de la vérité. Quand nous aurons donné tout notre cœur à Dieu, alors vraiment nous pourrons donner en toute liberté toute notre attention à la cité des hommes. Elle nous a été confiée.

Payer l’impôt marque bien l’assujettissement à un ordre souverain, incarné dans les temps anciens par un empereur, un roi, un suzerain et dans les temps modernes construit par la volonté populaire exprimée par le suffrage des citoyens. L’état se porte garant de la structure et de la stabilité de la vie sociale de ses sujets. Il définit le droit et le fait respecter dans la justice. Il donne les moyens des échanges sociaux et en régule l’usage. Ainsi symboliquement la
monnaie porte l’effigie de l’empereur ou de l’état. Elle mesure notre travail,
elle nous est donnée par cette société que nous construisons, elle assure aussi notre pouvoir. Ces échanges mettent en jeux essentiellement des biens matériels mais ils ne peuvent s’opérer que dans la confiance et le consensus. Quelle crise, quel drame peuvent engloutir un pays dont la monnaie n’inspire plus aucune confiance.
Paradoxalement les choses les plus concrètes reposent sur les choses de l’esprit dans la confiance qu’il engage. Mais en retour, voici que les dispositions de l’esprit
peuvent être comme ensorcelées par les contraintes des choses concrètes.
La séduction du pouvoir et de la richesse n’est pas loin de l’idolâtrie. L’effigie de la monnaie est bien une image et l’on sait à quel point le peuple de l’Alliance se
refusait à toute représentation imagée trop proche de l’idole.

Payer l’impôt c’est appartenir à la cité terrestre, à la cité des hommes. Le peuple de l’Alliance peut-il reconnaître la tutelle, la suzeraineté d’un empereur de cette terre avec toute la symbolique qu’il incarne et tout le pouvoir qu’il exerce ? Le peuple de Dieu a la vive conscience qu’il est un peuple libre parce que tout d’abord il
appartient à son Dieu et qu’ensuite toute la création appartient à son Dieu et
Seigneur qui, dans sa présence à l’histoire, jamais ne relâche son attention. Le Dieu du peuple de l’Alliance peut ainsi choisir l’empereur perse Cyrus comme serviteur, le revêtir, l’oindre de sa puissance pour qu’il serve ses desseins.

Impensable donc de payer l’impôt à l’empereur romain, ce serait renier l’Alliance. Mais est-il possible de ne pas vivre dans son époque ? Quand Jésus demande de voir la monnaie de l’impôt, cela ne fait aucune difficulté, il y en a dans les poches et les porte-monnaie de ceux qui posent la question.
Le piège tendu à Jésus est donc celui de la liberté. Dans le monde réel peut-elle
exister sans se vende ou s’acheter dans toutes sortes de compromissions ? Jésus nous libère. Dans l’impôt vous rendez à César ce qui est à César, à l’état ce que l’état a mis à votre disposition pour vivre dans la société et qui porte sa marque.

Rendez à Dieu ce qui est à Dieu : voilà le chemin de votre liberté et de votre vérité. Ce que vous avez à rendre à Dieu porte son effigie tout comme la monnaie porte l’effigie de l’empereur. Ce que vous rendez à Dieu, l’expression le dit bien, Dieu
d’abord vous l’a donné.

L’énigme est limpide. Ce qui est un don de Dieu et ce qui porte son empreinte c’est notre cœur et notre âme. Donner notre cœur à Dieu voici le chemin de la liberté et de la vérité. Quand nous aurons donné tout notre cœur à Dieu, alors vraiment nous pourrons donner en toute liberté toute notre attention à la cité des hommes. Elle nous a été confiée.
Philippe RAST

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