Dimanche 19 Avril 2015 : 3° dimanche de Pâques

Croire à la résurrection de la chair

Dans sa chair Jésus a vécu la logique de l’attachement au cœur de l’homme. Il s’est exposé aux contradictions de ces cœurs humains qui préfèrent bien souvent la mort à la vie. Il a triomphé de ces contradictions par la puissance de sa communion avec la volonté du Père.
La logique de cet attachement ne peut être rompue. Elle se poursuit dans la chair glorifiée de Jésus ressuscité : il touche les apôtres et il peut être touché par eux.

Croire à la résurrection de la chair

Ce temps de Pâques est un temps de conversion.

Le carême l’est déjà. Il commence par la célébration des cendres : « Poussières, vous retournerez à la poussière. Convertissez-vous et croyez à l’Evangile. »
Dans notre esprit et dans notre cœur, conversion et carême vont ensemble. Nous avons à nous convertir à la Parole qui vient vers nous pour nous libérer, nous réconcilier, nous justifier, nous arracher à la nuit du péché, déchirer nos ténèbres, nous inonder de la douce lumière de la miséricorde divine et faire jaillir la grâce de la vie.
Au matin de Pâques la vie a jailli du tombeau. La promesse est accomplie. Jésus le Fils de Dieu venu en notre chair, de nouveau nous est donné dans sa chair. Plongée dans la mort, sa chair est glorifiée.

Nouveau temps de conversion, nouvelles étapes :
La Parole de l’Evangile nous dit la victoire de l’amour, de la grâce, de la fidélité de Dieu dans sa promesse d’où première conversion : écouter la Parole.
La victoire de la promesse et de la fidélité de Dieu se dit dans notre chair, c’est la résurrection , d’où deuxième conversion : croire à la résurrection de la chair, croire à la résurrection de Jésus selon la chair et vivre aujourd’hui dans notre chair la certitude de foi que notre propre chair est promise à ressusciter.
Nous voici devant un très grand mystère qui nous saisit avant même que nous le saisissions. Les apôtres sont en pleine conversion, une conversion qui dure avec Thomas, les pèlerins d’Emmaüs puis après eux les onze apôtres.

Pour accompagner les apôtres dans leur conversion, Jésus relit les Ecritures avec eux et les invite à contempler une nécessité mystérieuse qui habite le cœur de Dieu. Il faut que s’accomplissent les Ecritures, il faut que le Christ souffre et que le troisième jour il ressuscite.
Pierre le dira aux autorités de Jérusalem : « Vous avez tué le Prince de la vie. Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. »
Cette nécessité dans le cœur de Dieu est celle de l’attachement que veut tout amour. Dans sa chair Jésus a vécu la logique de l’attachement au cœur de l’homme. Il s’est exposé aux contradictions de ces cœurs humains qui préfèrent bien souvent la mort à la vie. Il a triomphé de ces contradictions par la puissance de sa communion avec la volonté du Père.
La logique de cet attachement ne peut être rompue. Elle se poursuit dans la chair glorifiée de Jésus ressuscité : il touche les apôtres et il peut être touché par eux.
Nous sommes un peu semblables aux apôtres : pouvons-nous aimer une idée ? Pouvons-nous surtout penser être aimé par une idée ? Nous ne pouvons être aimés que par un vivant. Dans son amour nous sommes vivants.
Nous n’avons qu’une vie, nous n’avons qu’un amour, nous n’avons qu’une chair, promise à Dieu, touchée par lui, faite pour lui dans la résurrection.
Tout homme est une histoire sacrée. Tout homme est à l’image de Dieu
Philippe RAST

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