Dimanche 18 octobre 2015 : 29° dimanche ordinaire B

« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Jésus, dans sa miséricorde, renouvelle sa confiance aux apôtres tout en éclairant à nouveau leur chemin et en orientant leur esprit vers les vraies questions : non pas quelle place prendre dans le Royaume mais quelle place faire à ceux que Dieu aime ? Comment pour nos frères vivre le geste de Jésus au lavement de pieds ? « Vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres. » Comment donner ainsi à nos frères accès au Royaume comme Jésus l’a fait pour Pierre ? « Si je ne te lave pas les pieds tu n’auras pas de part avec moi. » Comment reconnaître le frère qui nous fera entrer dans le Royaume si nous-mêmes jamais nous n’avons agi en serviteur et passeur ?

« Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Jésus est en chemin vers Jérusalem avec ses apôtres. Depuis la profession de foi de Pierre il leur annonce sa passion, sa mort, sa résurrection. En route Jésus pense et relit la dynamique de sa vie en faisant appel à la figure du saint serviteur de Dieu qui, de son épreuve fait une offrande pour renouer les fils rompus de l’alliance. Il remet sa vie en sacrifice de réparation. Dans sa nuit jaillit la lumière véritable de la sainteté de Dieu : la fécondité de cette réconciliation s’étend à notre humanité.
L’Église contemplera cette même figure du serviteur pour comprendre la vie de
Jésus et appeler les hommes à accueillir la grâce de justice et de vie qui jaillit de cette existence livrée. Contempler la vie de Jésus c’est comprendre notre vie autrement. La puissance de cette découverte est si vitale qu’elle ne peut être gardée pour soi. Il faut l’annoncer, se faire apôtres.
Mais comprendre notre vie dans la dynamique de la vie de Jésus saint serviteur de Dieu, cela n’a rien de simple. Quand Jacques et Jean viennent demander à Jésus de siéger à côté de lui dans sa gloire, ils sont tout près de Jérusalem.
Jacques et Jean ont donc vécu toute la proclamation du Royaume et son avènement en actes et en signes. Auprès de Jésus, Dieu est proche. Les hommes peuvent être vrais et libres pour accueillir la grâce de la vie et donc la donner, cette grâce d’être aimé et donc de pouvoir aimer. Auprès de Jésus, en Dieu, l’espace s’élargit. Ce qui contraint la vie et le cœur de l’homme est détruit : les paralysies et les jugements qui figent, les aveuglements et les impuretés qui isolent, les surdités et les mutismes qui enferment dans la désespérance. Dans le Royaume qui approche, là où il fait Dieu, auprès de Jésus, l’homme rayonne, au point que Jésus s’en émerveille : ainsi pour le centurion romain ou pour Zachée. La gloire de Dieu est là.
Jacques et Jean ont donc longuement vécu les évènements du Royaume quand ils posent leur question à Jésus : pouvons-nous siéger à ta droite et à ta gauche ?
Jésus appelle à remettre les choses en place. Dans l’espace du Royaume, dans le cœur de Dieu, trouver notre vraie place c’est ouvrir encore plus largement l’espace pour faire de la place aux autres, qu’ils viennent au jour, que l’attention et l’amour fasse fleurir leur cœur. Et Jésus fait bien comprendre à Jacques et Jean qu’eux aussi sont artisans du Royaume. Eux aussi avec Jésus ont à ouvrir encore très largement l’espace où Dieu peut se tenir et tenir l’homme dans la vraie vie.
Jésus, dans sa miséricorde, renouvelle sa confiance aux apôtres tout en éclairant à nouveau leur chemin et en orientant leur esprit vers les vraies questions : non pas quelle place prendre dans le Royaume mais quelle place faire à ceux que Dieu aime ? Comment pour nos frères vivre le geste de Jésus au lavement de pieds ? « Vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres. » Comment donner ainsi à nos frères accès au Royaume comme Jésus l’a fait pour Pierre ? « Si je ne te lave pas les pieds tu n’auras pas de part avec moi. » Comment reconnaître le frère qui nous fera entrer dans le Royaume si nous-mêmes jamais nous n’avons agi en serviteur et passeur ?

Philippe RAST

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