Dimanche 18 Janvier 2015

« Maitre où demeures-tu ? »
Maitre où est ta vie qui seule peut nous porter ? Maitre où souffle ton Esprit qui seul peut être la respiration de notre vie ? Maitre où est ton repos en qui seul nous pouvons trouver la paix ? Maitre où est ta joie en qui notre vie prend tout son gout, son élan, son espérance ? Maitre donne-nous ta parole qui seule peut être notre honneur !

« Maitre où demeures-tu ? »

Auprès de Jean-Baptiste des foules nombreuses veulent répondre à l’appel :
« Convertissez-vous ! Croyez à la bonne Nouvelle ! Le Royaume de Dieu est tout proche ! »
Ces foules rassemblent des hommes de toutes origines. On compte des publicains, des soldats romains, des impurs notoires disqualifiés et à l’écart de toute vie religieuse possible, des incroyants et des païens. L’évènement de conversion les emporte dans une grande joie. Dieu prend une initiative nouvelle et elle est tournée vers eux. Auprès du Baptiste les voici prêts à risquer à leur tour de faire du neuf dans leur existence. Déjà aux confins du désert ils commencent comme un nouvel exode, loin de leurs vies accablées de soucis et d’exigences ou surencombrées de projets et de désirs un peu creux et un peu faux. L’aridité du désert ramène à l’essentiel et met en situation de création nouvelle, de libération et de naissance.

Dans cette aridité quelques-uns puisent dans les traditions de la Parole et de l’Ecriture. Ainsi deux disciples qui, immédiatement se lèvent pour suivre Jésus que le Baptiste vient de désigner : « Voici l’Agneau de Dieu ! »
Ce titre plein de mystère rayonne d’une forte puissance symbolique. Leur reviennent à l’esprit les heures de l’exode et de la traversée du désert, quand il fallait éloigner du campement impuretés, fautes et péchés, en les chargeant sur une brebis ou un bouc qu’on chassait au loin.
Leur revient aussi à l’esprit le parcours du serviteur dans le temps de l’exil puis du retour. Comme une brebis muette le serviteur s’était laissé conduire jusqu’à l’abattoir. Pourtant aucune iniquité, aucune injustice n’avaient pu être trouvées en lui. Il portait les péchés de son peuple, sa violence, sa dureté, son aveuglement.

Mais surtout cet Agneau appartenait à Dieu. Dieu risquait son bien au milieu des hommes. L’attente des disciples trouve un indice, un appel, une accroche. Dieu vient libérer les hommes. Il vient prendre leur mal à bras le corps. Sur lui, sur son cœur il va serrer le drame de l’existence des hommes. Il va ouvrir une brèche. La grâce de la vie est toujours promise.

Ils sentent bien que seul un cœur peut porter le cœur des hommes, seule une vie peut porter leur vie. Ce cœur est le cœur de Dieu qui bat pour la vie des hommes.

A Jean-Baptiste beaucoup avaient demandé : « Que faut-il faire ? » Et il est bon de
commencer par cette question pour nous rendre plus vrais et plus disponibles.

Mais la question des deux disciples est autrement plus humble et plus audacieuse : « Maitre où demeures-tu ? » Maitre où est ta vie qui seule peut nous porter ? Maitre où souffle ton Esprit qui seul peut être la respiration de notre vie ? Maitre où est ton repos en qui seul nous pouvons trouver la paix ? Maitre où est ta joie en qui notre vie prend tout son gout, son élan, son espérance ? Maitre donne-nous ta parole qui seule peut être notre honneur !

Ce don, le Seigneur, depuis le fond des siècles, ne cesse de désirer trouver une âme qui l’attende et le désire. « Venez et voyez ! » Ils allèrent et ils virent.
Ils sont en plein désert. Pas d’école pour un rabbi, encore moins de palais pour un roi. Non. Là dans le désert, dans l’aridité de la recherche, dans la soif des hommes, les deux disciples ont goûté la présence du Seigneur, là où il demeurait.

« Maitre où demeures-tu ? » « Venez et voyez » La joie de l’Evangile vient de cette invitation de Dieu qui s’invite dans le monde des hommes. Le monde de Dieu est au cœur du monde des hommes. Ce monde des hommes, Dieu l’a créé. Il le sauve. Le Seigneur ouvre son cœur.

« Maitre où demeures-tu ? »
Avec les humbles et les pauvres de cœur, avec les doux et les artisans de paix, avec tous ceux qui ont reçu les béatitudes, avec la soif de la samaritaine, dans la nuit de l’aveugle-né, nous déposons dans le cœur de Dieu l’attente de nos vies.

Philippe RAST

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