Dimanche 17 avril 2016

Nous ne sommes pas les apôtres mais par bonheur simplement les jumeaux de Thomas. La fidélité de Jésus ressuscité est notre vie. Avant d’être ses témoins, ses compagnons de travail, ses envoyés, ses prophètes, nous sommes d’abord ses brebis. Nous sommes peu de choses mais nous pouvons écouter sa voix et nous pouvons apprendre à la reconnaitre.

Dans la main du Seigneur

Le matin de Pâques, Jean le disciple bien-aimé, après avoir attendu Pierre, se penche vers le tombeau. Il voit et il croit. Ses yeux de chair voient l’absence du corps. Désormais il ne peut connaître Jésus selon la chair. Lui qui depuis toujours auprès de Jésus a grandi dans la foi, s’élance dans le saut de la plénitude de la foi, la connaissance de Jésus, par le cœur, l’esprit, l’engagement de toute une existence dans l’alliance, la fidélité, la proximité du Seigneur.
Le soir de Pâques, Jésus ressuscité se fait présent à ses amis. Thomas n’est pas là. Lui, veut encore voir de ses yeux de chair pour croire. Sa demande qui pourrait être la nôtre, conduit Jésus à nous bénir : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »
Et les apôtres se sont plongés dans cette certitude de foi qui n’est pas certitude de pensée ou de volonté, mais qui est la réalité de leur communion au Christ. Sur les bords du lac, eux, pêcheurs de Galilée, ils savent que Jésus est là. Ils savent que c’est le Seigneur qui, comme aux tout premiers jours, leur a dit de jeter encore le filet. Pour lui ils ont pris le même parti de la confiance contre toute évidence. Par lui leurs gestes ont porté un fruit insoupçonné. Leur vocation de pêcheurs d’homme en a reçu une confirmation définitive, éternelle, à la mesure de l’amour du ressuscité, de sa fidélité et de sa présence indéfectible.
Miraculeusement pour leur premier appel, un éclat de la lumière du Royaume avait inondé leur existence pour l’ouvrir aux promesses de Dieu. Voici que ce premier miracle déploie toute sa portée. Le Royaume de Dieu est largement ouvert aujourd’hui. Ce qui s’annonçait et se révélait auprès de Jésus, quand dans sa chair il marchait sur nos chemins est maintenant aujourd’hui la réalité de notre vie.
Nous ne sommes pas les apôtres mais par bonheur simplement les jumeaux de Thomas. La fidélité de Jésus ressuscité est notre vie. Avant d’être ses témoins, ses compagnons de travail, ses envoyés, ses prophètes, nous sommes d’abord ses brebis. Nous sommes peu de choses mais nous pouvons écouter sa voix et nous pouvons apprendre à la reconnaitre. L’attention que le ressuscité nous porte, ses appels font germer en nous des fruits de vie, de paix, de joie, de liberté, de justice. Nous pouvons gouter la force et la douceur de la grâce dans la communion qui nous unit à nos frères dans la foi, aux autres disciples qui eux aussi entendent la voix du
Seigneur : en eux, dans leur paix, dans leur disponibilité, dans leur liberté intérieure, dans leur charité, dans leur soif de justice, dans leur fidélité, nous contemplons et goutons par toutes les fibres de notre cœur et de notre être, toute la puissance de l’œuvre du Seigneur. Et lorsqu’ils défaillent, leur humilité mais aussi la simplicité de leur espérance et leur horreur devant les ténèbres qui ont failli les engloutir, ouvrent tout grand le chemin à la miséricorde de Dieu qui veut nous rejoindre.
Il en va bien ainsi de Pierre : « Pierre m’aimes-tu ? – pais mes brebis » Pierre, le
premier des apôtres a lui aussi été une brebis. N’a-t-il pas confessé à Jésus : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ! »
La parole de Jésus est bien vraie : « Personne ne peut arracher mes brebis de ma main. Personne ne peut les arracher de la main du Père. » Dans la communion de l’Eglise, nous prions pour toujours reconnaître la voix de Jésus, le Bon Berger. Quelle joie de savoir qu’elle nous est donnée et que notre cœur et notre vie sont faits pour elle. Philippe RAST

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