Dimanche 17 Janvier 2016 : 2° dimanche du temps ordinaire

Joie des hommes - Joie de Dieu

Nos ressources peuvent s’épuiser. Dieu partage notre joie et connait nos difficultés. Mais d’abord Dieu partage notre joie. C’est la Bonne Nouvelle. C’est l’Évangile. Il sauve notre joie et notre vie en les faisant siennes.
Ce qui se dessine dans cette fête de mariage à Cana en Galilée, Dieu veut le voir réussir. La vie est fruit de la grâce. La grâce est don de Dieu. A vrai dire la grâce est Dieu lui-même qui se donne.
Au seuil d’un temps ordinaire de vie d’Église, entrons dans cette joie de la vie, cette joie de l’Alliance.

Joie des hommes - Joie de Dieu

La lumière de Noël, l’éclat de l’Épiphanie déchirent le temps des hommes pour
l’ouvrir au temps de Dieu. Notre horizon s’élargit aux dimensions du cœur de Dieu. Bientôt, à la chandeleur nous célébrerons Jésus, gloire du peuple des croyants et lumière pour éclairer les nations. Nos vies trouvent leur joie dans cette lumière et la reçoivent dans la grâce de ce Dieu qui vient à nous comme un petit enfant dans les bras de sa mère, puis comme adolescent passionné de la volonté de Dieu, puis encore comme jeune homme rejoignant sur les bords du Jourdain les foules qui guettent un jour nouveau, une justice nouvelle, et cherchent des chemins de conversion aux confins du désert, près de Jean-Baptiste.
Dieu donne sa grâce en prenant nos chemins, en partageant nos joies. Ainsi à Cana
Jésus, avec sa mère et ses amis, vient partager la joie de deux familles et de deux jeunes gens pour le plus beau jour de leur vie, le jour de leur mariage.
Dans cette fête du mariage les hommes célèbrent le beau mystère de leur vie, ce don reçu qui toujours nous précède et qui s’épanouit, porte du fruit, se multiplie quand il se donne sans compter. Nous accueillons les grandes traditions qui nous ont portés et qui nous portent toujours plus loin par les promesses qui en rayonnent . Tout en même temps nous nous tenons toujours comme à l’aube d’un jour nouveau et d’une création nouvelle. Deux libertés, deux cœurs, deux corps se donnent l’un à l’autre. Une liberté nouvelle, un cœur nouveau surgissent.
La pesanteur des âges s’envole purifiée par le regard limpide et l’interrogation
inépuisable d’un enfant. A son tour il va recréer le monde en apprenant à nommer toute chose comme Adam le fit aux premiers jours jusqu’à accueillir Eve sa femme. La grande joie du mariage est bien l’irruption de la vie et de la grâce. Nos vies sont bien fragiles, elles ne peuvent avoir leur centre de gravité en elles-mêmes, leur sens se construit dans l’accueil et le don, mais le fruit de ce don ne se déduit pas de ce qui a été partagé.
Ce fruit est toujours une création nouvelle qui ne nous appartient pas.
Jésus partage cette joie. A ce mariage il est témoin de la vie qui se reçoit, qui se donne, qui veut jaillir toujours nouvelle. La tendresse de Dieu est toute proche.
Jésus avec ses amis et avec sa mère, connait la joie et la fragilité de ces fêtes humaines. La joie nous fait sortir de nous-mêmes. Le vin qui recueille le bon gout de la vie à gouter ensemble, défait un peu nos défenses, nos réserves, nos timidités. La rugosité des personnalités et des cultures apparait plus crument. La fête est un défi. La vie apparait bien comme un grand pari, celui de l’équilibre contre la pesanteur, de la rencontre contre le repli. La vie humaine est bien conflictuelle. La fête des amis de Jésus connait un instant critique. Le vin a coulé à flot. On devine pourtant que les mariés et leurs familles avaient vu grand. On disposait de six cuves de plus de cent litres pour la purification.
Marie est attentive à ce seuil critique : ils n’ont plus de vin. Les ressources de ces familles sont épuisées, les ressources du cœur et de la vie . Marie, probablement peut mieux le sentir. Elle a porté en son sein la vie qui ne peut s’épuiser. En elle s’est tissée la chair du ressuscité. Elle comprend.
Nos ressources peuvent s’épuiser. Dieu partage notre joie et connait nos difficultés. Mais d’abord Dieu partage notre joie. C’est la Bonne Nouvelle. C’est l’Évangile. Il sauve notre joie et notre vie en les faisant siennes.
Ce qui se dessine dans cette fête de mariage, Dieu veut le voir réussir. La vie est fruit de la grâce. La grâce est don de Dieu. A vrai dire la grâce est Dieu lui-même qui se donne.
Au seuil d’un temps ordinaire de vie d’Église, entrons dans cette joie de la vie, cette joie de l’Alliance.
Philippe RAST

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