Dimanche 15 Mars 2015

Le signe de la croix

« Il faut que le Fis de l’homme soit élevé afin qu’en lui, tout homme qui croit ait la vie éternelle ». La foi nous attache au signe de croix, nous plonge dans la vie du Christ, donne à nos vies si fragiles leur vérité de vie éternelle. La croix, folie de Dieu est puissance de vie pour tous les hommes.

« Il faut que le Fis de l’homme soit élevé afin qu’en lui, tout homme qui croit ait la vie éternelle ». La foi nous attache au signe de croix, nous plonge dans la vie du Christ, donne à nos vies si fragiles leur vérité de vie éternelle. La croix, folie de Dieu est puissance de vie pour tous les hommes.
L’enchainement fatal des évènements de la passion de Jésus fait jaillir une source que rien ne peut tarir, à laquelle l’humanité vient puiser une vie nouvelle.
Quand Jésus purifie le temple, il veut que rien ne vienne faire obstacle à la grâce que Dieu veut donner en demeurant, lui Dieu pleinement lui-même au milieu des
hommes qu’il aime. Dieu va jusqu’au bout dans sa volonté de se tenir à découvert devant les hommes. En Jésus son Fils, il se donne sans retour, sans réserve.
Jésus est le temple nouveau d’une alliance nouvelle. En lui, vrai Dieu et vrai homme, l’humanité peut se donner à Dieu qui se donne à elle.
Quand Jésus en son corps revendique d’être le temple nouveau, il signe son arrêt de mort, sa mort sur la croix. Il va au bout de son chemin, au bout de sa fidélité à Dieu et aux hommes mais ce chemin et cette fidélité scandalisent : Dieu ne peut habiter ainsi notre humanité pour en faire sa demeure. Dieu ne peut choisir ce chemin
d’humilité pour se tenir d’égal à égal devant sa créature qu’il veut servir, qu’il veut
honorer. Ces deux choix sont des scandales. Ils ne peuvent être les choix de Dieu. Ainsi raisonne la sagesse humine et religieuse.
Et pourtant ce sont les choix que Dieu a fait et qu’il confirme dans la résurrection de Jésus. Oui, en Jésus, Dieu a saisi pleinement notre humanité. La croix signe la réalité définitive de cet attachement.
Jésus a connu notre condition d’homme sans rien renier de ce qui l’expose à
l’absurde. Sa tendresse et sa miséricorde ont été comprises à rebours comme des signes de compromission avec la fragilité humaine, l’impureté et le péché. Sa fidélité a été trahie par ses amis les plus proches. Seul il s’est trouvé exposé à une violence qui se drapait de la bonne conscience de la justice. Avec Job, Jésus porte ces
questions d’homme qui jamais ne pourront recevoir de réponse. Avec la veuve de Naïm, Jésus pleure ces larmes qu’aucune présence ne peut venir consoler.
Sur la croix de Jésus l’homme se vide de lui-même. Sur la croix de Jésus, le vide de l’homme se remplit de Dieu. La croix est puissance de résurrection. La croix est victoire de la vie. La croix est l’heure où Jésus est glorifié. La gloire de
Jésus ne peut être connue que dans la foi qui s’attache à sa croix.
Le chemin d’une vie vraie est orienté par la croix du Christ. Vivre
authentiquement, vivre vraiment, vivre le triomphe de la vie, c’est nous
attacher à la croix du Christ par laquelle Dieu s’est attaché à nous. Paradoxe de la vie baptismale transfigurée par la folie de la sagesse de Dieu.
Du fait de ce choix de Dieu pour nous sur la croix, nous pouvons le choisir lui notre Dieu, sans crainte aucune et nous pouvons choisir ses choix.
Nous pouvons choisir ce qui est vrai, ce qui sert l’homme, ce qui sert la vie, même si au premier regard cela parait nous desservir. En tout cela la lumière envahit notre vie pour en révéler la solidité alors qu’au premier regard justement elle parait bien fragile.
Cette lumière vient de la flamme de la charité de Dieu, sa gloire au milieu de nous.
Philippe RAST

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