Dimanche 15 Mai 2016 : Pentecôte

Pentecôte :
Faire le buisson ardent

La Pentecôte est le premier acte de Dieu pour notre humanité dans la solitude des apôtres que Jésus ressuscité dans son humanité, vient de quitter à l’Ascension.
Leur fragilité, leur solitude, Dieu les choisit aujourd’hui comme un beau buisson ardent. Il va les enflammer de la puissance d’amour qui a enflammé l’humanité divine de Jésus : « Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts, donnera la vie à vos corps mortels. »

Pentecôte :
Faire le buisson ardent 

La résurrection de Jésus rayonne de l’éclat de la présence de Dieu. Ni la mort ni le péché ne peuvent engloutir son amour, enchainer sa fidélité. Au contraire, la solidité de la présence de Jésus au milieu de nous, sa gloire, la solidité de son enracinement dans le Père, scellent l’Alliance nouvelle qui nous réconcilie avec Dieu, nous guérit et nous rétablit dans la plénitude de notre vocation.

La lumière de Pâques déchire la nuit des apôtres. Ils naissent à leur vocation nouvelle en entrant dans la mémoire de l’alliance nouvelle scellée dans le corps de Jésus livré pour eux et dans son sang versé pour la multitude. Ce trésor de grâce est leur vie et cette vie nouvelle fleurit à l’horizon de Dieu. C’est certain, ils ne pourront le garder pour eux. Dès les premières rencontres le ressuscité les choisit comme
témoins. Ils sentent eux-mêmes que, fidèle à lui-même, Jésus va leur demander de prendre encore la tenue de service malgré leur fragilité et leur manque absolu de moyens, comme il l’avait fait pour la multiplication des pains quand ils n’avaient que cinq pains et deux poissons. Dans ce temps de la résurrection ils n’ont même plus les pains et les poissons. Ils les ont donnés au ressuscité pour qu’il mange. Ils l’ont LUI mystérieusement présent. Ils savent la faim immense de l’humanité, tout
simplement parce qu’ils l’ont éprouvée.
Ils aimeraient bien que le ressuscité passe à l’action : « Est-ce maintenant, Seigneur, que tu vas rétablir la royauté pour le peuple de Dieu ? » il est l’agneau et le pasteur, il est le roi, le serviteur, LUI, Jésus le Bien-Aimé.
Mystérieusement la résurrection, éclat de la présence du Christ au milieu de nous, Emmanuel, est marquée par une rupture : nous l’avons contemplé à l’Ascension.
Jésus a pris notre condition humaine avec ses fragilités, ses conditionnements et ses limites. La résurrection n’arrache pas l’humanité de Jésus à cette condition humaine. Elle révèle que cette humanité vivait la plénitude de l’amour divin. L’Ascension achève le mystère : cette humanité de Jésus est en Dieu.
Du coup, les apôtres sont seuls.
Certes ils ont dans leur mémoire les paroles de Jésus et dans leur cœur la promesse du don nouveau de la force d’en haut. Mais ils sont seuls.
Cette solitude est tout sauf désolation.
Peut-être cette solitude les purifie d’un attachement trop sentimental comme celui de Marie-Madeleine qui voulait embrasser les pieds de Jésus : « Noli me tangere ».
Peut-être cette solitude détruit-elle toute tentation de connaître encore Jésus de
manière humaine. Cette solitude les purifie, peut-être les dessèche, mais voici qu’elle fait d’eux comme un nouveau buisson ardent.
La flamme divine rayonne, déchire les ténèbres, interpelle la confusion, réchauffe.
La flamme divine embrase les cœurs. La flamme divine ne les consume pas. En eux elle est toute donnée aux hommes de tous les horizons, de toutes les cultures.
En eux elle est toute donnée. En eux, pas d’obstacle à la grâce.
La Pentecôte est le premier acte de Dieu pour notre humanité dans la solitude des apôtres que Jésus ressuscité dans son humanité, vient de quitter à l’Ascension.
Ce premier acte est accomplissement de la promesse. Ils gardent la parole de Jésus. Jésus est auprès du Père. Ils ne peuvent plus le connaître de manière humaine. Ils le connaissent dans la communion de l’Esprit. L’Esprit est leur défenseur. Il les défend d’eux-mêmes, du doute, du vertige.
Leur fragilité, leur solitude, Dieu les choisit aujourd’hui comme un beau buisson ardent. Il va les enflammer de la puissance d’amour qui a enflammé l’humanité divine de Jésus : « Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts, donnera la vie à vos corps mortels. »
La Pentecôte est fête de la joie, fête de la vie. Comment faire le buisson ardent ?
Aucun souci, la vie est assez rude pour nous purifier et nous dessécher. Mais le seuil de la joie est là : « L’Esprit en nous, nous fait crier : « Abba Père ! »
Philippe RAST

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