Dimanche 14 février 2016

L’Esprit Saint est le témoin du dialogue de Jésus avec le Père. Il manifeste l’espace intérieur de leur rencontre et il ouvre cet espace de communion aux hommes que Dieu aime et en qui il reconnait Jésus. La solidité de cette communion est le roc sur lequel les hommes peuvent prendre appui pour bâtir le Royaume, pour inventer la vie selon le cœur et la justice de Dieu.
Dans la communion au Père, Jésus est Fils. Le tentateur s’attaque donc à cette nature filiale de Jésus.
A chaque fois, Jésus va répondre par une Parole de l’Écriture qui nous appelle à nous recevoir nous-mêmes comme un don de l’amour inépuisable de Dieu dans sa création.
Au désert Jésus triomphe du mensonge qui veut nier son humanité pour, du même coup, nier sa divinité rédemptrice, débordante de grâce.

L’Esprit Saint se tient au-dessus de Jésus au moment même où la voix du ciel se fait entendre : “Tu es mon Fils bien-aimé. En Toi je trouve toute ma joie. »
L’Esprit Saint est le témoin du dialogue de Jésus avec le Père. Il manifeste l’espace intérieur de leur rencontre et il ouvre cet espace de communion aux hommes que Dieu aime et en qui il reconnait Jésus. La solidité de cette communion est le roc sur lequel les hommes peuvent prendre appui pour bâtir le Royaume, pour inventer la vie selon le cœur et la justice de Dieu.
Ce dialogue et cette communion rayonnent du cœur de Jésus, au quotidien, dans ses moments de prière et dans la multitude de ses rencontres. Celle de Nazareth où dans la synagogue, Jésus déroule le livre d’Isaïe et lit : « L’Esprit de Dieu est sur moi » est emblématique. Au cœur du monde, au cœur de Dieu, là se tient Jésus.
Voici qu’immédiatement après le baptême, l’Esprit pousse Jésus au désert où il est tenté par le diable. Le raccourci, semble-t-il contradictoire et paradoxal, est saisissant. Comment l’Esprit conduit-il Jésus pour l’exposer à la tentation ? Posée ainsi, la question est impensable. Mais reprenons en pensant au baptême.
La communion de Jésus avec le Père est une dimension structurante, constituante de la nature de Jésus. Cette communion dans l’amour du Père, Jésus va la vivre au cœur de notre humanité. C’est sa vocation. C’est la volonté du Père. Pour Jésus nul n’est trop loin. Nulle situation à laquelle Jésus puisse se soustraire. Nulle joie, nulle angoisse qu’il ne veuille connaître. Nulle épreuve qu’il ne veuille porter avec nous.
Le désert est par excellence le lieu de l’Alliance, le lieu du choix décisif où Dieu choisit son peuple et où le peuple choisit son Dieu. Le désert est un lieu de crise,
de discernement, un lieu de dépouillement et de simplification. Jésus prend ce chemin sur lequel notre humanité prend conscience d’elle-même et se construit dans les choix qu’elle pose puis qu’elle assume. Ce qui est en cause dans le désert c’est bien le choix de Jésus, sa réponse, sa situation devant la vie, sa situation devant Dieu.
Dans la communion au Père, Jésus est Fils. Le tentateur s’attaque donc à cette nature filiale de Jésus. Chaque fois il commence : « Si tu es le Fils de Dieu, utilise ta puissance de Fils de Dieu en niant les contraintes de ta situation dans le monde et la vérité de ton humanité. » Le piège du tentateur veut tuer la grâce en suggérant à Jésus de tout rapporter à lui-même. Il veut inscrire Jésus dans le mouvement le plus opposé au cœur de Dieu, ce cœur qui est don inlassable, miséricorde inépuisable, attention sans retour.
A chaque fois, Jésus va répondre par une Parole de l’Écriture qui nous appelle à nous recevoir nous-mêmes comme un don de l’amour inépuisable de Dieu dans sa création.
Au désert Jésus triomphe du mensonge qui veut nier son humanité pour, du même coup, nier sa divinité rédemptrice, débordante de grâce.
Nous pouvons aussi remarquer que ces tentations sont basiques. Il n’y est pas
question de péchés raffinés, de vaine gloire, d’intempérance de langage, de rivalité, de jalousie, de tristesse ou d’acédie. Il va de soi que Jésus, dans sa charité, dans sa pureté, a pulvérisé ces écueils avant même de les approcher. Mais ce qui demeure basique pour notre humanité demeure basique aussi pour Jésus.
Il nous faut bien manger
Il nous faut bien un peu d’espace pour nous tenir et déposer quelques affaires.
Il nous faut un peu de sécurité.
Et ce sont ces questions basiques que Jésus ouvre à Dieu.
C’est dans ces questions existentielles simples que Jésus nous met en communion avec Dieu pour que nous percevions que tout est don pour les fils et les filles de Dieu.
Le carême nous est donné pour aller à l’essentiel et pour laisser Dieu venir en nous à l’existentiel. Philippe RAST

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