Dimanche 13 octobre 2013

Jésus sauveur
Le lépreux qui revient vers Jésus a su dans sa chair que sa prière était exaucé.
Il a su dans son cœur que seule la chair de Dieu pouvait le saisir ainsi.

Cet évènement de salut jaillit d’une rencontre tout à fait fortuite. Jésus passe par un village entre la
Samarie et la Galilée, on ne se souvient plus de son nom. Dix lépreux
l’interpellent à distance : « Jésus, maitre, prends pitié de nous ! » Un seul
d’entre eux vient rendre grâce et confesse donc que Jésus est bien l’auteur de sa guérison et le médiateur du salut.
Pour ce lépreux samaritain, en les envoyant à la rencontre des prêtres, Jésus ne les a pas simplement mis en situation de retrouver leur place dans le peuple de Dieu et devant Dieu. Jésus est allé plus loin. Jésus lui-même les a purifiés. Il les a entendus, il les a vus, il a été touché, sa parole les a arrachés à l’immobilité
pétrifiée voulue par leur mort sociale. Pour ce lépreux samaritain, une certitude nouvelle éclate dans la lumière : Dieu sauve par Jésus.
Dieu a donné la loi pour que l’homme se libère et entre dans une nouvelle
sagesse de justice et de vie selon son cœur de Dieu. Maintenant, Dieu donne Jésus pour que les hommes aient la vie. Dieu veut saisir l’homme dans la réalité de sa condition charnelle. Au premier jour de la création Dieu a pétri cette chair et par la grâce de son souffle l’a fait naitre à la liberté. Aujourd’hui, l’incertitude de cette liberté et la fragilité de cette chair l’émeuvent. Laissée à elle-même, cette créature va se laisser séduire par le néant. Comment l’arracher à elle-même pour la rendre à elle-même ? Comment la saisir si ce n’est en retrouvant le chemin de ce qu’elle porte en elle de plus divin, cette liberté qui, dans
l’amour, veut s’affranchir de tous les déterminismes ? Comment libérer cette liberté sans assumer la chair qui la porte ?
Dieu ne donne pas simplement la parole de la loi qui libère le discernement,
purifie le regard et fortifie la détermination de la volonté. Dieu prend en pitié la réalité de notre fragilité jusque dans l’obscurité qui la voile à notre conscience. Et pour nous prendre en pitié Dieu vient vers nous, s’expose à notre mal et pour cela prend notre propre chair.
Le lépreux qui revient vers Jésus a su dans sa chair que sa prière était exaucé.
Il a su dans son cœur que seule la chair de Dieu pouvait le saisir ainsi.
Oui, Jésus est Dieu. Oui, notre salut passe par une personne unique. C’est la
belle confession de foi de ce lépreux purifié, qui, symboliquement révèle le choix de Dieu : Dieu passe auprès des lépreux que nous sommes, il veut croiser notre route.
Nous glorifions Dieu qui s’abaisse ainsi. En toute indépendance d’esprit face à notre sagesse humaine et face à toute philosophie ou système de pensée, c’est d’abord lui notre Dieu, que nous désirons puisque lui, le premier est venu vers nous. Nous désirons la présence du Christ. Nous nous en faisons les serviteurs dans la vie quotidienne nourrie par les sacrements. Philippe RAST

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