Dimanche 12 janvier 2014 BAPTEME DU SEIGNEUR

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour. » La voix du ciel s’adresse aux hommes venus sur les bords du Jourdain. Elle s’adresse à nous aujourd’hui. Au cœur de notre monde, notre vie reçoit sa justice de la communion qui unit Jésus au Père. Jésus accomplit la vocation du serviteur. Dieu fait de lui l’Alliance de son peuple.
Lui Jésus, dans sa personne est l’Alliance nouvelle.
En lui, Parole donnée par le Père, nous pouvons à notre tour donner notre
parole au Père et entrer ainsi dans la vie.

Jean baptise sur les bords du Jourdain. La scène doit être grandiose, d’une très forte charge symbolique et initiatique. Des hommes, en se plongent dans l’eau à l’appel du baptiste, vivent une rupture et renoncent à leur statut social, ils se dépouillent de leurs vêtements anciens ou, s’ils les gardent, les réduisent en
loques sans forme ni éclat, toutes maculées de boue, désormais insignes de leur honte. Devant le baptiste, ces hommes n’hésitent pas à s’humilier. Toute fierté a disparu. Ils sont nombreux et la foule avec tout le poids de la pression psychologique, lamine tout honneur, tout respect humain. Au désert, à l’écart, ces hommes sont allés au bout d’eux-mêmes et à la limité de leur monde vidé d’espérance. Leur vie n’a pas plus de consistance que le limon des bords de ce Jourdain, ni que la boue du tohu-bohu primordial qui attendait le geste du
Créateur. Les voici en état de recréation.
Leur démarche est courageuse. Elle est celle d’un exode qui agit comme une opération de vérité. Il leur a fallu sortir d’eux-mêmes, de leurs certitudes, de leurs frustrations, de leurs compromissions de toutes sortes. Il leur a fallu livrer combat contre ce qui, en eux, venait insidieusement enliser la liberté, la joie d’aimer, la force et la paix de la vérité. Ils l’ont fait avec grand élan et beaucoup d’humilité. Ils ont répondu à l’appel du baptiste. D’eux-mêmes, ils n’auraient pu sortir de leurs ornières. Jean le baptiste est la voix qui les arrache à eux-mêmes pour les exposer à la puissance de l’amour du Créateur.
Jésus parait alors sur les bords du Jourdain. Jean veut s’effacer, disparaître,
laisser toute la place à celui qui est la justice, la vérité, la miséricorde du
Créateur, pour qu’éclate toute la gloire du Sauveur, le feu divin de son amour, seul capable de purifier toutes nos existences, d’en bruler toutes les scories.
Et Jésus, tout au contraire veut accomplir toute justice par et dans le rite du baptême de Jean. Il veut poursuivre le chemin de dépouillement et
d’enfouissement que ces hommes ont commencé à prendre.
La parole de Jésus ne va pas s’élever, tonitruante comme celle du baptiste, elle ne va pas s’imposer du dehors mais elle va rejoindre le plus profond des cœurs dans cette espace de solitude où chacun dans sa liberté se trouve face à lui-même pour choisir la promesse de la vie. Cette parole pourra être entendue jusqu’aux confins de l’univers habité, car, sous tous les cieux cet espace a la même dimension, infiniment petite à la croisée des contraintes, infiniment grande à la mesure de la confiance et de la foi. Cette parole est présence et existence qui se livre en témoignage d’Alliance : appui de la confiance et appel de la foi.
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour. » La voix du ciel s’adresse aux hommes venus sur les bords du Jourdain. Elle s’adresse à nous aujourd’hui. Au cœur de notre monde, notre vie reçoit sa justice de la communion qui unit Jésus au Père. Jésus accomplit la vocation du serviteur. Dieu fait de lui l’Alliance de son peuple.
Lui Jésus, dans sa personne est l’Alliance nouvelle.
En lui, Parole donnée par le Père, nous pouvons à notre tour donner notre
parole au Père et entrer ainsi dans la vie. Philippe RAST

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