Dimanche 12 Avril 2015 2° dimanche de Pâques

Celui qui sur la route est auprès de Dieu, Dieu le prend auprès de lui. C’est la cohérence même. Mais que celui qui est auprès de Dieu, Dieu nous le donne encore, c’est la résurrection

Avec émotion nous pensons à ceux qui dans leur chair écrivent avec leur sang : la victoire du ressuscité est certaine, la victoire absolue de l’amour dans sa fragilité.

« Mon Seigneur et mon Dieu » Quelle belle profession de foi que celle de Thomas. Elle donne tout son élan à la nôtre. Elle nous vaut la merveilleuse
bénédiction du Seigneur : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » Par la foi
le croyant entre dans la vie au nom du Seigneur Jésus-Christ.
Par ses protestations Thomas nous est bien proche et bien sympathique. Thomas veut être sûr d’une chose : c’est que Jésus est bien le même. Il veut être sûr que
le ressuscité a bien été crucifié et donc que le crucifié est bien ressuscité, qu’il a bien remporté la victoire sur la mort. Pour nous comme pour Thomas il est impossible de penser concrètement la résurrection, nous n’en avons aucune expérience. Mais ce qui est fondamental pour Thomas et pour nous, est l’identité de Jésus qui demeure lui-même dans la traversée des évènements de sa passion. De cette identité nous concluons que Jésus a été victorieux de la mort. Nous concluons encore qu’une
victoire sur la mort et sur le péché est possible. Le combat de la foi nous engage dans la détermination que cette victoire est certaine.
La victoire est certaine. Dans son corps ressuscité, dans son corps glorieux, Jésus porte les marques de sa passion, de sa vie donnée en fidélité au Père dont il porte la parole et dont il témoigne la miséricorde et en fidélité aux hommes à qui il donne cette parole et qu’il veut rejoindre dans la tendresse du Père. Victoire de l’amour.
Cette fidélité a pu déchirer Jésus. Cette fidélité est source de vie pour les hommes. Cette fidélité est définitive, éternelle, cette fidélité est identique à la résurrection. Notre amour et notre fidélité sont bien fragiles mais dans l’amour du Christ, ils ont puissance d’éternité. La dynamique du grain de blé est plus vraie qu’une simple
parabole. Qui perd sa vie pour les hommes que Dieu aime et qu’il veut servir,
la trouve en vérité en Dieu.
Pierre avait déjà perçu la fidélité à l’œuvre dans la vie de Jésus. N’avait-il pas
répondu : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ! »
Thomas aussi était un homme de fidélité. Quand Jésus prend le chemin de
Jérusalem, quand tout est noué pour que se déchaine la passion, il dit : « Allons avec lui et mourons avec lui ! »
Que Jésus fut proche de Dieu au point de dire avec autorité et en toute vérité
la proximité de son amour, que Dieu fut proche de Jésus tout au long de sa route, dans ses moments de solitude aussi, tout cela est une certitude pour Pierre et pour Thomas. Celui qui sur la route est auprès de Dieu, Dieu le prend auprès de lui. C’est la cohérence même. Mais que celui qui est auprès de Dieu, Dieu nous le donne
encore, c’est la résurrection. Dieu ouvre encore son cœur et ses entrailles.
La miséricorde de Dieu ne peut résister à l’appel de détresse montant du cœur des hommes. La miséricorde de Dieu s’ouvre et donne toute sa puissance dans
la résurrection. La victoire est certaine : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Heureux les vivants qui vivent de la miséricorde de Dieu
Avec émotion nous pensons à ceux qui dans leur chair écrivent avec leur sang : la victoire du ressuscité est certaine, la victoire absolue de l’amour dans sa fragilité. Philippe RAST

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