Dimanche 11 Janvier 2015

Des évènements d’une violence extrême viennent déchirer notre pays.
Dans ce temps d’aujourd’hui nous prions pour la parole des hommes, pour qu’elle soit sauvée et pour qu’elle sauve.
Nous prions pour demander la justesse de la parole, la justesse du discernement. Nous prions que la parole ne cède à aucun démon,
qu’elle résiste aux amalgames qui la défigurent.
Nous prions qu’elle ouvre à la liberté, à la confiance et au respect.
Nous prions pour tant de pays qui sombrent dans la violence et où la parole meurt chaque jour. Nous prions car nous ne pouvons croire à la fatalité.

Des évènements d’une violence extrême viennent déchirer notre pays.
C’est au milieu de ces évènements très éprouvants que chacun poursuit sa route,
baptisés, nous prions dans l’intime du cœur comme dans nos assemblées
liturgiques.
La proximité du séisme fait surgir avec une intensité épouvantable un désarroi
qui malheureusement tisse le quotidien de tant d’hommes et de femmes,
de vieillards et d’enfants sur notre planète.
Le choc est d’autant plus percutant qu’il atteint ce qui fait le propre de l’humain
par-delà tous les horizons, les enracinements, les parcours, les choix et les clivages. C’est l’humain dans le jaillissement de la création qui est blessé. Le choc atteint la parole pour la faire taire. Dans notre noblesse nous voici touchés avec nos proches et nos semblables. Dans leur noblesse nous reconnaissons notre noblesse. Dans leur parole, notre propre parole est appelée à trouver son espace, son envol,
son espérance. Dans la parole nous éprouvons l’unité de notre nature humaine.
Baptisés, nous vivons du don d’une parole, la Parole de Dieu. Cette parole prend chair de notre chair. Aujourd’hui dans le baptême de Jésus, nous célébrons
son immersion dans notre humanité.
Notre foi baptismale, comme la vie de Jésus incarnée dans le peule de la première alliance, prend son appui dans la mémoire des écritures et la parole des prophètes. Nous ne pouvons oublier que leur parole surgit en liberté, ouvre un espace à la confiance et à la foi, tisse l’histoire des hommes et peut l’écrire parce qu’elle se sait appuyée par le Tout-Autre, le mystère du Seigneur et qu’elle peut donc se tenir à distance du pouvoir, celui des gouvernants comme celui de l’opinion. La bible
rappelle la résistance du Seigneur à donner à son peuple un roi comme le voulait l’opinion du moment. Le peule ressemblerait par trop aux autres peuples livrés aux jeux du pouvoir. La bible rappelle aussi que le roi, tout roi qu’il est, est un homme fragile mais que le Seigneur choisit pour son service, sans se voiler la face sur cette fragilité. Dans la liberté, la parole ouvre le chemin de la confiance.

Dans ce temps d’aujourd’hui nous prions donc pour la parole, pour la parole des hommes, pour qu’elle soit sauvée et pour qu’elle sauve.
Nous prions pour demander la justesse de la parole, la justesse du discernement. Nous prions que la parole ne cède à aucun démon,
qu’elle résiste aux amalgames qui la défigurent.
Nous prions qu’elle ouvre à la liberté, à la confiance et au respect.
Nous prions pour tant de pays qui sombrent dans la violence et où la parole meurt chaque jour. Nous prions car nous ne pouvons croire à la fatalité.

Baptisés, croyants attachés au Christ, nous prions pour la victoire de la
parole, la victoire dont l’Esprit Saint témoigne à notre cœur, la victoire que Jésus a remportée dans l’eau et dans le sang, dans son baptême, dans
sa passion et dans sa résurrection.

Philippe RAST

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