Dimanche 10 avril 2016 : 3° dimanche de Pâques

Venez manger
Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? »
Ils savaient que c’était le Seigneur.

Quel sommet, quel instant de grâce !
Quel équilibre prodigieux où la vérité du cœur des disciples est suspendue à la parole du Seigneur !
Quelle merveilleuse communion peut tisser cette parole !
Elle enserre le cœur des apôtres de la tendresse de Dieu. Sa joie de les avoir près de lui, assez près de lui pour les servir encore, purifie leurs cœurs

Venez manger
Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? »
Ils savaient que c’était le Seigneur.

Quel sommet, quel instant de grâce !
Quel équilibre prodigieux où la vérité du cœur des disciples est suspendue à la parole du Seigneur !
Quelle merveilleuse communion peut tisser cette parole !
Elle enserre le cœur des apôtres de la tendresse de Dieu. Sa joie de les avoir près de lui, assez près de lui pour les servir encore, purifie leurs cœurs de toute honte pour leur faiblesse et leur reniement.
Cette délicatesse de Dieu lave de toute lassitude ou découragement devant le temps ordinaire qui revient avec son lot de contradictions quotidiennes propres à user l’âme jusqu’à la corde.
Un mot et le bruit quotidien, le vacarme de l’insignifiance, briseraient le charme de la grâce, de la vie reçue, de la vie vraie, toute de confiance.
Un mot des disciples et l’espace se contracterait à la dimension de notre pensée au moment même où la parole du Seigneur invite, accueille, offre et où donc la seule réponse est l’ouverture du cœur, l’humilité de la main tendue et du regard émerveillé pour l’honneur totalement immérité fait au disciple quand le Seigneur lui-même le sert.
Ce silence ému, émerveillé est tout à l’opposé du mutisme sournois. Ce silence ému, émerveillé, fait briller le cœur du disciple de tout l’éclat de la parole reçue.
Ce silence peut faire penser à deux autres très grands moments de la passion.
Tout d’abord quand Jésus veut laver les pieds de Pierre, Pierre se récrie : « Impossible Seigneur » Et Jésus de lui dire : « Si je ne suis pas à tes pieds dans la tenue du serviteur, tu n’auras pas de place avec moi dans le Royaume. »
Ici la leçon donnée à Pierre a été totalement intégrée par tous les disciples.
Oui le Seigneur sert. Oui le Seigneur est vivant. Oui, ils sont vivants.
Plus tard, au jardin des Oliviers, Jésus Invite Pierre, Jacques et Jean à prier
auprès de lui quand lui-même se tient devant la volonté du Père pour entrer dans les heures qui vont sceller notre salut et l’alliance nouvelle. Pierre, Jacques et Jean tombent de sommeil, comme auparavant sur la montagne de la transfiguration un sommeil mystérieux s’était emparé d’eux, un sommeil comme aux premiers jours de la création quand du côté d’Adam endormi, Dieu forma Eve. Dans ce repas au bord du lac, Dieu fait naitre son Église.
Et il en va un peu ainsi à la messe quand la communauté des disciples reçoit le pain partagé par le Seigneur. De son action de grâce, de son silence émerveillé, Dieu veut faire naître un peuple nouveau, une Église nouvelle.
Prions pour que nos eucharisties aient la fécondité des pêches miraculeuses
Ph RAST

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