Assomption

Assomption. Par sa foi, dans sa foi, Marie vit la résurrection dans sa propre chair, cette chair qui a tissé la chair du premier né d’entre les morts.

Aujourd’hui nous célébrons Marie emportée au ciel dans sa chair auprès de son fils Jésus, le premier ressuscité.
Nous contemplons en Marie la mère dont la chair a tissé la chair du ressuscité, Jésus le premier né d’entre les morts. Nous la regardons avec nos yeux de chair mais pour la voir vraiment, notre cœur déjà s’est laissé baigner dans la lumière de la foi.
Avec toutes les mères, elle a porté en elle le miracle de la vie. Et nous pouvons deviner qu’elle vit dans sa propre chair, son cœur et sa sensibilité, ce qui touche son fils Jésus, ses joies, ses peines, mais aussi comme pour ses douze ans au temple, le mystère de sa vocation. La puissance de la miséricorde divine en Jésus, attache son cœur, sa vie, sa volonté et toute sa puissance de vie aux hommes que Dieu a appelés à l’existence et dont il ne peut se voir séparé. Marie vit la passion de Jésus dans la compassion pour chacun de nous.
Nous savons l’attachement des mères pour ceux et celles à qui elles ont donné le jour et nous savons aussi leur attachement en retour. Leur chair inconsciemment dit aux enfants le miracle que leurs mères ont porté et qui les a fait surgir dans la lumière, libres et vivants. Bien souvent leur reconnaissance et leur attente se sont approfondies : que le même miracle de création diffuse en miracle de recréation, de réconciliation, d’apaisement, de libération, d’amour et de paix.
Auprès de Marie, avec Marie, nous entrons dans le grand flux de l’intercession. Nous lui présentons nos peines, nos proches dans l’épreuve, et tous les visages que nous devinons merveilleusement beaux mais défigurés par la douleur et par les haines. Le démon de l’apocalypse n’a pas fini de vomir la puanteur de son absurde puissance. Nous pensons tut particulièrement aux mères dont les enfants sont moissonnés par les guerres.
Nous nous attachons à Marie car l’une des paroles de Jésus les plus proches de sa résurrection a bien été celle par laquelle il nous donne à Marie : « Mère, voici ton fils » « Fils, voici ta mère. » L’attachement de Jésus, le premier né d’entre les morts à Marie sa mère, s’incarne donc dans ce don qu’il lui fait du monde et de l’humanité. Et ce don amplifie le don qu’en premier Marie bien simplement accomplit selon la volonté de Dieu.
Depuis toujours, devant les bergers, devant les mages, devant Anne et Syméon au temple, Marie tend les bras pour donner Jésus au monde. C’est dans ce geste que nous contemplons ND de Confession. Marie n’a pas simplement le geste de la mère qui veut présenter le monde et la création à son enfant pour qu’il les découvre, les goute et s’en réjouisse. Marie, plus profondément, présente son enfant au monde pour que le monde tourne son regard vers lui. Marie présente Jésus au monde comme on présente un baume à un cœur défaillant. Déjà Marie impose Jésus au monde dans le geste que Jésus aura d’imposer les mains aux malades pour qu’ils se relèvent.
Dans ce geste de don Marie expose son fils Jésus au monde qui va le déchirer, et tout en même temps au Père qui va manifester en lui la puissance de son amour et de sa fidélité. Marie expose l’humanité de Jésus à la puissance de la volonté du Père, à la puissance de l’Esprit Saint. C’est par un homme, son fils, que vient la résurrection. Et Marie expose ainsi notre humanité à la puissance qui a relevé Jésus d’entre les morts et qui n’a de cesse que d’embraser nos existences.
Avec Marie, l’Eglise reçoit sa vocation d’exposer notre humanité à la puissance de l’attente et de la volonté du Père, et tout en même temps de lui donner la personne de Jésus comme sacrement du salut : que dans l’Esprit Saint, notre humanité vive de la vie du ressuscité. En Eglise nous recevons ainsi auprès de Marie notre vocation au don, à l’offrande et u témoignage.
Nous contemplons le mystère : comment une mère peut-elle exposer ainsi son fils dans des évènements qui sont pour nous révélation du salut mais dont l’issue demeure donc encore voilée. Marie, par le Fiat qu’elle prononcé, a donné sa foi à l’action de Dieu en son Fils et par Lui. Dans sa fi en Jésus son fils, Marie voit tout en même temps la foi du Père qui a mis tout son amour et toute sa confiance en Jésus son Fils. C’est la parole du baptême, reprise et confirmée à la transfiguration. Dans sa foi, Marie voit l’action du Père et ‘est ainsi qu’elle est bien la mère du ressuscité, du premier né d’entre les morts.
Pour elle voir l’action du Père, c’est la vivre en Jésus, c’est la vivre dans la résurrection de Jésus. Le miracle touche à son accomplissement dans ce mystère que nous célébrons aujourd’hui. Par sa foi, dans sa foi, Marie vit la résurrection dans sa propre chair, cette chair qui a tissé la chair du premier né d’entre les morts.
En elle, auprès d’elle, avec elle, la foi est vie.

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