Anniversaire des 50 ans de la Consécration de l’autel : Homélie de Mgr PONTIER

50 ANS DE L’AUTEL : HOMÉLIE DE Mgr PONTIER
« Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. »

Il les « rompit. » Derrière ce geste et ce mot, il y a la vie de Jésus, il y a l’amour de Dieu pour l’humanité. Un Dieu qui nous aime jusqu’à se rompre pour nous, un Dieu pour nous.

Un Dieu qui dans le Fils bien aimé a fait de sa vie un don pour le salut du monde.

St Victor 16
50 ans de la consécration de l’autel : Saint Victor : Samedi 28 Mai 2016
Alors que nous marquons le cinquantième anniversaire de la consécration de l’autel actuel de St Victor, l’Église catholique fête ce dimanche le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. St Paul dans la lecture que nous venons d’entendre rappelle aux Corinthiens qu’il leur a transmis ce qu’il avait lui-même reçu ; c’est-à-dire ce mémorial du dernier repas du Christ avec ses disciples. Là Il prit le pain, le rompit et le donna à ses disciples en leur disant : prenez et mangez en tous, ceci est mon corps qui est pour vous. Et de même avec la coupe. Par deux fois St Paul rappelle la parole de Jésus : « Faites cela en mémoire de moi. »
Et depuis autour de l’autel, à chaque célébration de l’eucharistie nous rappelons ce récit, nous faisons mémoire, une mémoire si pleine du Christ que nous « proclamons sa mort jusqu’à ce qu’il vienne. » Nous vénérons son corps rompu, son sang versé. Nous le reconnaissons présent réellement dans l’offrande éternelle de sa vie pour la multitude. Nous l’acclamons, nous l’adorons, nous nous nourrissons de Lui.
Autour de cet autel un bandeau de bronze redit notre foi, en grec et en latin : « Un seul Seigneur Jésus Christ » sur la face avant ; et tout autour la conséquence : « puisqu’il y a un seul pain, à nous tous nous ne formons qu’un seul corps, car nous avons part au même pain. »
Nous le savons bien, c’est à la fraction du pain que les disciples d’Emmaüs ont reconnu qu’ils étaient en présence de Jésus. C’est à cette même fraction que Jésus s’est fait reconnaître et les premiers chrétiens appelaient la messe, la fraction du pain, en souvenir du pain rompu, de la vie donnée du Christ pour le salut du monde. Dans l’évangile de ce jour, lu à l’instant, celui de la multiplication des pains, il y a encore cette même expression, ce même geste : « Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. » Il les « rompit. » Derrière ce geste et ce mot, il y a la vie de Jésus, il y a l’amour de Dieu pour l’humanité. Un Dieu qui nous aime jusqu’à se rompre pour nous, un Dieu pour nous. Un Dieu qui dans le Fils bien aimé a fait de sa vie un don pour le salut du monde.
Et dans ce geste prennent sens toutes nos vies : le plus grand de nos vies, c’est ce que nous donnons pour nos frères. Et les parents rompent leur vie pour leur amour et pour leurs enfants : ils rompent le pain pour eux, mais aussi ils rompent leur emploi du temps, leurs préoccupation, leurs pensées, leurs projets. Et ceux qui s’engagent auprès des plus pauvres rompent leur vie pour eux. Et on pourrait multiplier les exemples. Ce qui donne du poids à nos vies, c’est vraiment ce que nous donnons aux autres. Et St Victor à sa façon, et St Cassien à la sienne et les grandes figures de sainteté sont toujours des exemples de vies données pour le salut des autres. C’est la vie donnée du Christ qui est source d’espérance pour nous.
Aussi, l’ordre du Christ donné à ses disciples dans l’évangile de ce jour : « Donnez-leur vous-même à manger » résonne comme un commandement de vie. C’est dans la mesure où on vit pour les autres, qu’on s’humanise et qu’on grandit dans l’amour. Le peu que chacun de nous possède, nos cinq pains et nos deux poissons, n’est pas que pour nous. Il donne toute sa mesure de vie lorsque donné au Christ il contribue à la guérison de cette humanité pour en faire une famille unie et solidaire dans l’amour, une humanité fraternelle. Nous ne venons pas vers le Christ pour nous-mêmes. Par le baptême, par l’eucharistie, nous sommes appelés à être à notre tour rompus pour que le monde ait la vie. Et nous venons nous nourrir de cette puissance d’amour et de don qu’est le Seigneur Jésus. Nous venons communier à sa passion pour les hommes.
De l’autel jaillit toute cette lumière de la fécondité des vies données, des vies pour tous et pour la multitude.
Rendons grâce à Dieu pour la Bonne Nouvelle de l’eucharistie : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » « Prenez, mangez en tous. Prenez, buvez : ceci est mon corps livré pour vous !, mon sang versé pour vous. » « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. »
« Nous attendons ta venue dans la gloire. »
Amen

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