ACTION DE GRACE 1

Je prends la plume. Ce week-end des 4 et 5 juin 2016,
je ne serai pas parmi vous à Saint-Victor. Depuis longtemps déjà, une de mes nièces avait le projet de baptiser son petit garçon. Avec Xavier et Yves j’avais retenu cette date pour une petite fête familiale.
Je prends la plume. En cette période comme chaque année, la communauté ecclésiale de Marseille frissonne au gré de toutes sortes de rumeurs dont certaines pourraient venir jusqu’à vous. Aussi, si ce n’est de vive voix, je préfère, par amitié, prendre l’initiative de me tourner vers vous pour vous dire la grâce qui m’échoit. Cette initiative est bien autorisée.

Notre archevêque vient de me nommer curé d’Auriol.

C’est une grande grâce qui me replonge dans la vocation de mon ministère de prêtre et lui donne toute sa saveur évangélique. L’Eglise se reçoit de la grâce de Dieu. Sa vocation est de porter l’Evangile, la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui nous ouvre son cœur pour nous plonger dans notre véritable milieu vital, la communion qui est sa vie même de Dieu, Père, Fils et Esprit. Nous ne pouvons penser la
beauté et la dignité de nos vies d’hommes tant elles sont incommensurables.
Nos vies sont si précieuses au cœur de Dieu que Dieu lui-même s’est livré en son fils Jésus, donnant sur la croix sa propre vie, pour remporter dans notre humanité la victoire de la vie, la victoire de l’amour.
Dans l’amitié du Christ nous goutons la lumière et la douceur invincibles de Dieu. Nos vies n’ont pas à se justifier, ni à mériter quoi que ce soit. Le pourraient-elles d’ailleurs ? Elles ont simplement à se recevoir comme un don de Dieu. Elles trouvent leur vérité et leur liberté dans une offrande, large, généreuse, gratuite.
Les fruits de l’Esprit, joie, patience, douceur, paix, justice, sont là eux-aussi offerts, largement, généreusement, gratuitement.
Tout cela pour dire le trésor qui est confié à l’Église, le trésor qui nous est confié. Les sacrements nous le partagent bien quotidiennement. Une nouvelle nomination est le bon moment pour vivre cette grâce du don de Dieu.
Le ministère d’un prêtre ne lui appartient pas, sa communauté non plus, son église encore moins. Il les reçoit pour témoigner du don de Dieu. Sa paroisse,
sa communauté, dans le même mouvement, se reçoivent aussi de la grâce de Dieu. Une nomination nous donne de le sentir plus nettement.
Comme pour toute grâce, le meilleur chemin pour la recevoir est de la demander et de se tenir prêt. C’est ce que j’ai fait selon les us et coutumes mis en place par notre archevêque. Je lui dis toute ma gratitude.
Bien sûr je ne serai plus le curé d’une paroisse dont le saint patron est le gardien de la ville, ni le recteur d’une basilique qui dans l’antiquité chrétienne fut un des beaux sanctuaires de l’Église indivise. C’est une joie très fraternelle à partager dans la famille sacerdotale diocésaine. De nouveaux frères prêtres serviront le Seigneur et l’Église de Marseille sur le tombeau des martyrs.
Quant à moi je vois une merveilleuse continuité dans les évènements. Auriol est au pied de la Sainte-Baume. Dans mon enfance, en me promenant avec l’abbé Tempier, le curé de St-Giniez, sous le pic des Béguines, j’y rencontrais les premiers témoignages de la vie monastique autour de Cassien.
Là, le Baou de St-Cassien conduit au Paradis.
Philippe RAST
4 juin 2016

P.S. : Les St-Thomas qui doutent peuvent consulter la carte IGN 3615

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