Père Yves : 5 juin 2016 : 10° dimanche ordinaire C

DIXIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE, 2016
De l’abaissement de DIEU à l’abaissement des serviteurs de la Parole dans leur mission.
Frères et sœurs, bien aimés de Dieu. Nous voici réunis en communauté paroissiale pour célébrer le jour du Seigneur. Nous y écoutons la Parole de Dieu « lumière sur nos pas et la lampe sur nos routes » et partageons « le pain et la coupe de la vie éternelle » Prenez et mangez, Prenez et buvez ». La messe qui a comme d’autre nom l’Eucharistie est » source et sommet de toute la vie chrétienne » (LG 11). C’est en Église que nous venons puiser à la source de notre existence. Á la fin de cette messe, nous serons envoyés en missions pour être replongés dans les réalités quotidiennes de notre société. Les textes de la parole de Dieu que nous venons d’entendre nous y aident. Nous avons, non seulement ouvert, nos cœurs mais aussi disposé nos vies à recevoir la Parole de Dieu et d’en vivre. Tel ou tel parole que nous venons d’écouter nous rejoint dans ce que nous sommes, tel autre passage m’interpelle, telle figure suscite en moi plus d’adhésion à la foi. Alors j’y reste un instant. Un instant de silence pour gouter à la parole et la manger « Que tes paroles sont douces à mon palais, Plus que le miel à ma bouche ! » ( Ps 119,103). Puis je demande la grâce d’avoir l’intelligence de ce que Dieu me dit et la force de pouvoir lui donner une réponse.
Dans la première lecture, vous avez entendu qu’Elie est hébergé par une pauvre veuve dont le fils unique vient de mourir. La veuve bien qu’elle a su qu’Elie est un homme de Dieu s’insurge contre lui : « Que me veux-tu ». Voyons tout d’abord Elie. Il est celui qui parle au nom de Dieu. Par sa vie et avec ses paroles Dieu a opéré des miracles. Le livre des Rois rapporte cette parole d’Elie en prière « Il est vivant le Seigneur devant qui je me tiens ! » (1R 17,1 ; 18,15) et « Je brûle de zèle pour le Seigneur, Dieu de l’univers ! » (1R 19, 10.14). La grandeur d’Elie ne l’a pas empêché de vivre le dépouillement total : le manque de logement, la faim et l’exile en Phénicie. Dieu l’a conduit à aller partager la précarité de la veuve de Sarepta.
La mission de l’homme de Dieu se vit au près des hommes et des femmes. Le dépouillement du serviteur de Dieu lui permet de vivre et de partager les « joies et les peines » de ceux vers lesquels il est envoyé. Je rappelle une figure contemporaine.
C’est dans la prière qu’Elie affronte les épreuves dures de sa mission de prophète. On dirait que les épreuves font partie de la trame de la vie à la suite de Jésus. Jésus le disait lui-même à ses disciples, « venez à moi vous qui portez des fardeaux lourds, je vous procurerais le repos » ou encore « je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups », « que celui qui veut marcher à ma suite se charge de sa croix. Ces paroles nous les avons entendues un jour résonner dans le cœur de notre vie, puis nous pouvons rencontrer notre propre expérience où parfois au bas de l’échelle Dieu vient nous rejoindre pour avancer. Avancer peut être l’apôtre Pierre à qui Jésus disait « quand tu étais jeune tu mettais ta ceinture et allais là où tu veux, mais lorsque tu seras vieux c’est un autre qui te la met et te conduit ». Comment l’expérience du prophète Elie peut nourrir ma foi aujourd’hui ? De quoi le Christ me demande de me dessaisir afin d’être plus souple avec Lui. Cet aujourd’hui est celui de ma vie, mais il est aussi celui où Dieu lui-même veut se faire notre compagnon de route.
De la figure de la veuve, nous découvrons qu’elle est une femme sans mari. Elle l’a perdu. Le veuvage dans la tradition juive est une situation sociale de précarité humaine et matérielle. Les veufs et les veuves font partis de ceux que la tradition désigne « les anawim » c-a-d : les pauvres de Dieu. Á cette femme, c’est comme s’il ne lui suffisait pas d’être veuve, mais encore son unique fils meurt. La mort vient voler son espérance. On comprend qu’elle se révolte et crie sa souffrance sur l’homme de Dieu. Nous découvrons que cette dame est aussi généreuse. Prête à partager le peu de farine ainsi que la réserve d’huile ’est toute son espérance qu’il s’envole. Dans sa désolation, elle sait maintenant qu’Élie est véritablement l’homme de Dieu, par lui elle expérimente la puissance de Dieu qui sauve de la mort.
Dans l’évangile, nous ne pouvons qu’être surpris de forte ressemblance dans les faits. On dirait que Luc a dû s’inspirer de l’histoire de la veuve de Sarepta pour raconter celle de la veuve de Naïme. La veuve de Naïme vient de prendre son fils. Á la différence d’Elie qui priait longuement pour opéré le retour à la vie de l’enfant, Jésus, le lui réalise de sa propre autorité.
Elie, le prophète, Jésus lui-même le Fils de Dieu et Dieu, les deux enfants morts mais ramenés à la vie , les deux veuves. Les images bibliques de ce dimanche nous dessinent la photo robot de notre société pour ne pas dire de notre vie. En allant au Funérarium saint Pierre, j’ai réalisé combien des familles ont besoin de Dieu dans leur vie. Ici même à Saint Victor je me souviens de ces familles rencontrées dans des moments difficiles soit de deuil ou des conflits familiaux, je sais que certaines sont réconfortées bien que la situation ne change pas trop mais trouvent de l’¡espérance en contact de l’église. Voila notre mission à nous tous frères et sœurs. Cette mission nous ne pouvons la vivre dans l’imaginaire. C’est auprès des visages que nous croisons que nous sommes appelés à témoigner de la tendresse de Dieu. Aussi comment témoigner de cette tendresse sans avoir soi même à vivre de cela. Au cours de cette eucharistie, demandons la grâce que Dieu nous indique notre mission. Mais aussi qu’Il nous donne la force et l’intelligence pour l’accomplir pour sa plus grande gloire.
Yves Allangomi

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