26 janvier 3° Dimanche ordinaire A

« Venez derrière moi. Je vous ferai pêcheurs d’homme »
Jésus parle avec autorité.
L’initiative appartient totalement au Seigneur. Dans l’acte de la création il nous a appelés à l’existence, dans l’acte du salut il nous appelle à une existence nouvelle

« Venez derrière moi. Je vous ferai pêcheurs d’homme »
Jésus parle avec autorité. Sa parole accomplit ce qu’elle dit. Aussitôt, laissant leurs filets, Pierre et André le suivent. Jésus se saisit de Pierre et d’André, et par eux
Il veut se saisir de notre humanité. Le geste de pêcheur est bien d’amasser une belle quantité de poisson. Certes ils sont arrachés à leur milieu naturel mais déjà dans l’appel de Jésus et dans la mission donnée aux apôtres, nous voyons la mise en route du grand chantier du salut. Les hommes sont arrachés à leur milieu naturel pour devenir le bien propre du patron de pêche, Jésus le Seigneur.
L’initiative appartient totalement au Seigneur. Dans l’acte de la création il nous a appelés à l’existence, dans l’acte du salut il nous appelle à une existence nouvelle, libérée des vicissitudes et de la fragilité de la première création qui fut abimée par l’homme. Le Seigneur est à l’origine de la création comme du salut, dans une création nouvelle.
Pierre et André ont fait l’expérience de la puissance et de l’intensité de cette volonté divine. Elle les arrache à eux-mêmes, mais par elle ils découvrent une intensité, une authenticité et une vérité de vie insoupçonnées. La réalité est si forte, hors de leur portée, et leur vie trouve une telle densité que seul Dieu le créateur peut en être la source. Dans cette initiative, le Seigneur se révèle vrai en lui-même : vouloir la vie pour les êtres qu’il a appelés à l’existence ne peut connaître en son esprit et en son cœur de Dieu, aucune limite. Dieu veut la vie en plénitude pour toute notre humanité dans son unité de nature et sa globalité. Pierre et André font l’expérience de ce vouloir divin. Et à la suite de Jésus ils vont en être les instruments. Ils ne peuvent vivre autrement.
Comment être saisi par ce vouloir divin de vie dans toute sa puissance, sans lui ouvrir totalement la voie en nous et autour de nous ?
Comment pouvoir poser des limites ? L’éclat de la rencontre, l’intensité de lumière qui purifie les cœurs est bien lumière pour les nations. Les apôtres ne peuvent
s’y soustraire. Cette lumière est leur vie.
Nous pouvons être frappés de deux caractères de cette rencontre, deux caractères tout à fait opposés. D’un côté, l’autorité qui est à l’origine et à l’œuvre dans cet acte de salut, parait faire bien peu de cas de notre liberté. Mais en même temps, d’un
autre côté, nous serions bien en peine de décrire dans le détail la forme que prend cette vie selon la volonté du créateur et du rédempteur. Nous comprenons bien qu’elle tient sa solidité de la passion du créateur pour sa créature. Mais en même temps cette vie reste à inventer dans la communion avec celui qui en est la source. Et c’est bien dans ce paradoxe que nous découvrons la présence divine dans son attachement pour nous. Au cœur de notre liberté saisie par son amour nous
inventons la vie véritable dont il désire nous voir comblés. Cet attachement est la bonne nouvelle, l’Évangile que nous avons reçu et que nous ne pouvons recevoir qu’en le donnant à notre tour. Cet attachement saisit l’inépuisable jeunesse de notre présent parce qu’il jaillit de l’éternité de l’amour divin.
La puissance, la joie donnée aux apôtres est la présence personnelle du créateur au milieu de nous aujourd’hui. Joie de l’Évangile. Philippe RAST

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