23 octobre 2016 : 30° dimanche du temps ordinaire année C

Qui suis-je ?

Qui suis-je ? Voilà sans doute la grande question de chacun !...

Qui suis-je ? Voilà sans doute la grande question de chacun ! Car chacun est un mystère à soi-même et la vie entière est tout juste suffisante pour apprendre à se connaître soi-même !

Pour répondre à cette question, très souvent nous procédons par comparaison : Nous regardons les autres et nous nous évaluons par rapport à eux. Cela commence très tôt, dès l’enfance, entre frères et sœurs, puis à l’école où on opère des classements entre les bons, les moyens et les mauvais. Dès lors ce qui compte ce n’est pas le savoir acquis qui va ouvrir un avenir à l’enfant mais c’est la note, chiffre magique qui a le pouvoir de le placer parmi les premiers ou les derniers. Et par la suite tout ou presque nous sert à nous comparer, nous évaluer : la manière de s’habiller, le métier que nous exerçons, la marque de notre voiture…

Tout est alors utile pour nous convaincre que nous sommes bien mieux que beaucoup et même parfois la religion comme le dénonce Jésus dans l’Evangile !
La régularité de notre pratique, voire même notre manière de prier peut alors devenir pour nous une véritable source d’orgueil… envers nous-même et de mépris envers les autres !

Il y a cependant une autre manière de répondre à la question qui suis-je ? C’est la contemplation : la contemplation du Seigneur dans l’immensité de son Amour et en contraste la contemplation de ma pauvreté et de la petitesse de mes réponses envers lui. Devant l’immense lumière de son Amour mes zones d’ombres, mes nuits m’apparaissent alors clairement et je peux voir toutes mes pauvretés c’est bien le cas de ce publicain de l’Evangile. Et c’est alors que je peux vraiment comprendre ce que signifie l’Amour miséricordieux du Seigneur qui me rejoint dans mes misères, m’enserre dans son souffle d’Amour et m‘invite à me relever !

Si la comparaison avec les autres me pousse à regarder vers tout ce qui est extérieur mais également extérieur à moi-même pour regarder les apparences des choses, La contemplation de l’Amour de Dieu me fait rentrer dans ma propre intériorité, dans la chambre secrète de ma vie où je peux seulement le retrouver.

C’est là qu’il m’attend, mais avec lui il n’y a plus de masque je peux me voir tel que je suis et je peux me reconnaître pauvre et faible devant lui.
La comparaison c’est le piège qui entraîna autrefois Caïn à tuer son frère Abel, c’est la source de toutes nos jalousies et bien de nos haines…

La contemplation nous révèle au contraire un Dieu dont la justice consiste à aimer tous les pauvres quelle que soit leurs pauvretés et, ce qui est merveilleux, c’est que parmi tous ces pauvres je peux apercevoir un visage qui m’est familier, mon propre visage ! La contemplation me pousse alors à la compassion envers mes frères ….

La grande différence entre ce pharisien qui comme tous les pharisiens était un croyant sérieux qui s’efforçait de respecter tous les commandements de Dieu et ce publicain qui ne les respectait pas c’est que dans leur prière le premier se regardait lui-même en s’évaluant par rapport aux autres, alors que l’autre ne regardait que le cœur aimant de notre Dieu…

Père Pierre GÉRARD

Haut de page